Au début du siècle dernier, en plein cœur du paris populaire de la butte Montmartre, saccagé par l’horrible basilique du Sacré cœur construite sur les cendres de la commune, ont été créées des Causeries populaires par des anarchistes, dans le sillage de Sébastien Faure et de son journal Le Libertaire. Autour aussi d’un certain Libertad, un enfant perdu de Bordeaux qui monte sur Paris en 1897 rejoindre l’équipe du journal.
Dans ce petit monde, deux femmes vont jouer un rôle prépondérant, les sœurs Mahé, Armandine et Anna Mahé, venues de Vendée pour s’émanciper dans ce petit groupe qu’on appelle les ”anarchistes individualistes”. C’est ce que va nous raconter l’historienne Anne Steiner, qui a écrit de nombreux ouvrages sur les milieux anards de cette période, avec notamment « Les En-dehors, anarchistes individualistes et illégalistes à la ”Belle époque” » (L’Échappée, 2019). Une balade sonore réalisée avec le concours du journal Le Chiffon (Anne signe un article sur cette histoire dans le n°22).
Rendez-vous était pris à l’angle de la rue d’Orsel et de la rue de Clignancourt (18e). Anne nous emmène aux différents sièges du journal Le Libertaire (rue d’Orsel, passage Briquet), ensuite rue Muller pour évoquer les Causeries populaires, qui donneront lieu à la création du journal l’anarchie ("a" minuscule, important pour la petite histoire), puis rue du Chevalier de la Barre. Nous ferons justement un détour pour la mémoire de ce jeune chevalier de 19 ans, accusé et condamné pour blasphème en 1766, dont une statue trône non loin du Sacré cœur. On terminera par l’histoire d’une imprimerie montée par ce petit groupe rue de Steinkerque, à deux pas du métro Anvers.
– Écouter l’émission (1h34’)
— musiques : Le chant des jeunes gardes (Monthéus) - Chanson du décervelage - La chanson des 8 heures (Anne de Bercy / Rosalie Dubois) - Le triomphe de l’’anarchie (Charles d’Avray / René Binabé) —







