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	<title>Souriez vous &#234;tes film&#233;&#183;es</title>
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	<description>Souriez vous &#234;tes film&#233;s, vid&#233;osurveillance et contr&#244;le s&#233;curitaire de la population. C'est aussi le site de l'&#233;mission &#034;Les Amis d'Orwell&#034; diffus&#233;e sur Radio Libertaire (89.4 &#224; Paris) un vendredi sur deux (21h-22h30).</description>
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		<title>Souriez vous &#234;tes film&#233;&#183;es</title>
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		<title>Vid&#233;osurveillance : normalisation du contr&#244;le</title>
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		<dc:subject>Suisse</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce texte consacr&#233; &#224; la vid&#233;osurveillance se veut d'abord une contribution au vaste travail effectu&#233; par diff&#233;rents groupes en France, notamment &#224; Grenoble et Lyon, et ailleurs sur le sujet. Il n'a pas la pr&#233;tention d'apporter de grandes nouveaut&#233;s &#224; un sujet ou beaucoup a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, bien qu'il soit toujours tr&#232;s difficile de trouver, hors des brochures et des tracts, des ouvrages ayant le moindre int&#233;r&#234;t sur le sujet. Ce texte est principalement un petit historique et un point sur la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://souriez.info/local/cache-vignettes/L150xH99/arton604-8744e.jpg?1689339243' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://lereveil.ch/no14-novembre-2011/videosurveillance-normalisation-du&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ce texte&lt;/a&gt; consacr&#233; &#224; la vid&#233;osurveillance se veut d'abord une contribution au vaste travail effectu&#233; par diff&#233;rents groupes en France, notamment &#224; Grenoble et Lyon, et ailleurs sur le sujet.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce sujet les sites internet www.piecesetmaindoeuvre.com et le site (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Il n'a pas la pr&#233;tention d'apporter de grandes nouveaut&#233;s &#224; un sujet ou beaucoup a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, bien qu'il soit toujours tr&#232;s difficile de trouver, hors des brochures et des tracts, des ouvrages ayant le moindre int&#233;r&#234;t sur le sujet. Ce texte est principalement un petit historique et un point sur la situation genevoise qui, malgr&#233; un d&#233;calage certain avec d'autres villes, est aujourd'hui &#233;galement envahie d'yeux &#233;lectroniques et des discours qui entourent leur prolif&#233;ration. De nombreux aspects du contr&#244;le des vies et des corps sont volontairement laiss&#233;s de c&#244;t&#233;s, notamment la biom&#233;trie et les puces RFID, mais il va de soi qu'il faut les consid&#233;rer comme faisant partie du m&#234;me arsenal de contr&#244;le de la population. L'&#233;volution des techniques et de la technologie de vid&#233;osurveillance ne seront pas non plus abord&#233;e dans ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les livres en fran&#231;ais traitant de la vid&#233;osurveillance, souvent l'&#339;uvre de crapules innommables, disent &#224; peu de choses pr&#232;s tous les m&#234;mes choses. On peut r&#233;sumer leurs propos en ces quelques points : il est n&#233;cessaire de disposer de bases l&#233;gales solides pour encadrer l'explosion notable du nombre de cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance, il est impossible d'affirmer leur efficacit&#233; dans leur lutte contre certains d&#233;lits et elles sont inop&#233;rantes dans certains cas comme le terrorisme. Les &#233;tudes sur lesquelles les auteurs s'appuient fourmillent et il n'est donc pas &#233;tonnant que l'un puisse dire le contraire de l'autre, notamment au niveau de l'&#233;volution du nombre de d&#233;lits suite &#224; l'installation de cam&#233;ras, mais le fonds du propos ne change pas. Surtout, tous &#226;nonnent en c&#339;ur, suivis par les membres des administrations d'&#201;tat, que la vid&#233;osurveillance ne peut avoir l'impact escompt&#233; si elle n'est pas accompagn&#233;e d'un renforcement du travail de police, publique et priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur ce point que j'aimerais revenir &#224; la fin de ce texte. L'id&#233;e est de d&#233;passer la diff&#233;rence qui est souvent affirm&#233;e, notamment dans les &#233;tudes universitaires, entre la nature priv&#233;e et publique de l'installation et du contr&#244;le des cam&#233;ras de surveillance, qui sous-entendent que le principal probl&#232;me serait la multiplication hors du contr&#244;le d&#233;mocratique de l'&#201;tat des cam&#233;ras, surtout dans l'espace public. Ce type de discours d&#233;bouche souvent sur un appel au renforcement des normes l&#233;gales cens&#233;es encadrer la vid&#233;osurveillance et s'insurgent de leur fr&#233;quent non respect. Ce texte s'inscrit en faux contre les lamentations permanentes de la gauche institutionnelle sur la privatisation de la soci&#233;t&#233; et cherche plut&#244;t &#224; montrer, au travers de l'exemple des cam&#233;ras de surveillance, l'omnipr&#233;sence toujours grandissante de l'&#201;tat &#224; tout moment et &#224; tous les niveaux de nos existences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce qui en est de la situation genevoise. Pour bien comprendre les r&#233;f&#233;rences au diff&#233;rentes divisions administratives, il faut noter que la Suisse est une f&#233;d&#233;ration de cantons, dont le canton de Gen&#232;ve, qui regroupent chacun plusieurs communes, par exemple la ville de Gen&#232;ve. Chaque niveau poss&#232;de sa propre assembl&#233;e l&#233;gislative, un ex&#233;cutif et des comp&#233;tences qui souvent se chevauchent. Mi-2011, la presse bourgeoise, peu sujette &#224; l'exag&#233;ration quant au contr&#244;le de nos vies, affirmait que plus de 10'000 yeux &#233;lectroniques &#233;piaient nos d&#233;placement. Pour une ville comme Gen&#232;ve, cela correspond &#224; environ 1 pour 180 habitants, ce qui est comparable &#224; la moyenne suisse selon une &#233;tude effectu&#233;e au niveau f&#233;d&#233;ral sur la base du chiffre d'affaire des entreprises sp&#233;cialis&#233;es dans le domaine de la vid&#233;osurveillance. Mais ces chiffres sont &#224; prendre avec des pincettes parce que personne n'est en mesure de donner de r&#233;ponses claires sur le nombre total de cam&#233;ras publiques et priv&#233;es. Et pour cause, la demande d'autorisation de priv&#233;s pour l'installation d'un tel dispositif se fait aux autorit&#233;s f&#233;d&#233;rales, les services du canton ne g&#233;rant que les demandes de collectivit&#233; publiques. Les lois r&#233;gissant leur utilisation, notamment au niveau de la conservation des images diff&#232;rent ensuite &#233;galement. Je me contenterai donc ici de relever les quelques informations qui existent sur les cam&#233;ras g&#233;r&#233;es directement par l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2001, dans le cadre de son m&#233;moire, un universitaire avait d&#233;ambul&#233; dans la ville pour y r&#233;pertorier les cam&#233;ras visibles filmant l'espace public. Il en avait r&#233;pertori&#233; 59 install&#233;es sur des institutions publiques sur un total de 277. S'il &#233;tait n&#233;cessairement bien en-de&#231;&#224; de la r&#233;alit&#233;, ayant fait le choix de ne pas compter celles plac&#233;es &#224; l'int&#233;rieur des magasins et autres espaces priv&#233;s destin&#233;s au public, il avait effectu&#233; son travail avant le d&#233;but de l'investissement public massif dans les syst&#232;mes de vid&#233;osurveillance. La commune du Grand-Saconnex a ensuite jou&#233; le r&#244;le de pionni&#232;re en la mati&#232;re, en 2006, deux ans apr&#232;s la demande au Conseil d'&#201;tat, en installant 61 cam&#233;ras dont les deux tiers dans des &#233;coles. Mi-2009, neuf communes genevoises avaient &#233;galement vot&#233; les cr&#233;dits d'installation de cam&#233;ras. En ce qui concerne la ville de Gen&#232;ve, un rapport de 2008, donc dat&#233;, fait &#233;tat de 120 cam&#233;ras r&#233;parties sur 16 sites &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur de b&#226;timents publics.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quid de la vid&#233;osurveillance en Ville de Gen&#232;ve ? Constats et perspectives. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le canton, quant &#224; lui, a accept&#233; en 2008 un projet &#224; 4,7 millions de francs pour la surveillance de 33 sites. Et, comme toujours, une saloperie urbanistique &#233;tant toujours li&#233;e &#224; une autre, ce projet avait &#233;t&#233; valid&#233; en partie en pr&#233;vision de l'organisation de l'Euro 2008, la surveillance de 8 de ces sites &#233;tant directement li&#233;s &#224; la manifestation. Le projet avait d'ailleurs &#233;t&#233; tr&#232;s po&#233;tiquement nomm&#233; Cyclope, par les autorit&#233;s. La police cantonale, en plus des 19 cam&#233;ras qui encadrent l'h&#244;tel de police et des 189 cam&#233;ras pilot&#233;es par la Centrale d'engagement, de coordination et d'alarme (CECAL), g&#232;re &#233;galement le Centre Autoroutier de Surveillance du Trafic et de gestion Op&#233;rationnelle des Routes nationales (CASTOR) et peut avoir acc&#232;s &#224; tout moment aux 35 cam&#233;ras de surveillance du trafic routier de l'Office cantonal de la mobilit&#233; et aux 135 cam&#233;ras de surveillance de l'autoroute. Mais, bien s&#251;r, celles-ci ne sont en aucun cas destin&#233;es &#224; filmer la population puisqu'elles se contentent de maximiser l'efficience du r&#233;seau routier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faut noter &#224; ce propos la multiplication de petits boitiers noirs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On peut encore y ajouter 42 cam&#233;ras principalement install&#233;es &#224; l'a&#233;roport. Tous ces chiffres datant de 2008, il est plus que probable qu'ils aient augment&#233; entre temps. Ils ne doivent pas non plus faire oublier que la majorit&#233; des cam&#233;ras sont actuellement g&#233;r&#233;es par des priv&#233;s ou des &#233;tablissements soumis au droit public. &#192; titre d'exemple un agr&#233;ment a &#233;t&#233; d&#233;livr&#233; en 2010 par le Bureau genevois des pr&#233;pos&#233;s &#224; la protection des donn&#233;es et &#224; la transparence pour la validation de 189 cam&#233;ras &#224; l'a&#233;roport de Gen&#232;ve, d'ailleurs d&#233;j&#224; en fonction.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La liste des agr&#233;ments en mati&#232;re de vid&#233;osurveillance peut &#234;tre consult&#233;e &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier gros bastion de la vid&#233;osurveillance que j'aimerais &#233;voquer est celui des transports publics. En 2003, les Transports publics genevois (TPG), embo&#238;taient imm&#233;diatement le pas aux Chemins de fer f&#233;d&#233;raux (CFF) qui venaient de d&#233;cider de l'installation de cam&#233;ras dans les trains. En 2009, 70% des bus et trams &#233;taient &#233;quip&#233;s de cam&#233;ras alors que tous les nouveaux v&#233;hicules achet&#233;s le seraient automatiquement. Les images sont cens&#233;es &#234;tre conserv&#233;es 24 heures si aucune plainte n'a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e qui requerrait leur visionnage. Tout fier d'avoir montr&#233; la voie aux communes, ne voil&#224;-t-il pas que les TPG d&#233;pose en juillet 2011 &#171; &lt;i&gt;un agr&#233;ment concernant l'utilisation de cam&#233;ras ext&#233;rieures &#8211; avec enregistrement des donn&#233;es - pour l'aide &#224; la circulation&lt;/i&gt; &#187;. En dehors de cette justification d'efficience, toujours la m&#234;me, et des promesses de tout mettre en &#339;uvre pour cadrer ces nouvelles installations comme la limitation du champ de la cam&#233;ra &#171; au p&#233;rim&#232;tre n&#233;cessaire &#187;, on s'aper&#231;oit au passage que la dur&#233;e de conservation des images est pass&#233;e &#224; 7 jours, voire &#224; 100, selon la compr&#233;hension que l'on fait de l'agr&#233;ment. Pour l'anecdote, qui n'en est pas une, on apprenait au m&#234;me moment que les CFF projetaient de remplacer les billets par des cartes &#224; puces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion &#224; ce long r&#233;capitulatif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un rapport r&#233;cent d&#233;nombre 1358 cam&#233;ras publiques. Outre que les chiffres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on peut r&#233;sumer la situation de la mani&#232;re suivante. Un nombre ind&#233;fini de cam&#233;ras nous filment chaque jour. Ce nombre est en augmentation constante, notamment gr&#226;ce &#224; la participation de l'&#201;tat. Les images r&#233;colt&#233;es sont gard&#233;es entre 24 heures et 100 jours, selon la personne ou la collectivit&#233; publique ayant install&#233; l'appareil et ensuite selon l'autorisation d&#233;livr&#233;e. Les journalistes, se contentant de d&#233;plorer le manque de base l&#233;gale et la prolif&#233;ration non contr&#244;l&#233;e entourant les cam&#233;ras de surveillance, s'empressent ensuite de justifier ce syst&#232;me en relevant avec enthousiasme chaque arrestation soi-disant men&#233;e gr&#226;ce aux images de cam&#233;ras. Venons-en maintenant &#224; ce que l'on peut dire sur cette pr&#233;sence grandissante des cam&#233;ras dans nos villes et nos vies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est en &#339;uvre ici n'est qu'une des manifestations de l'omnipr&#233;sence de l'&#201;tat dans la soci&#233;t&#233;. M&#234;me si cela semble &#233;vident, il n'est peut-&#234;tre pas inutile de rappeler la force de l'habitude qu'engendre la pr&#233;sence permanente des cam&#233;ras. Dans la lign&#233;e du petit livre bleu r&#233;dig&#233; par le Groupement des industries de l'interconnexion des composants et des sous-ensembles &#233;lectroniques (GIXEL)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Disponible par exemple &#224; cette adresse : ttp://bigbrotherawards.eu.org/artic...&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui proposait diverses &#171; &lt;i&gt;m&#233;thodes [devant] &#234;tre d&#233;velopp&#233;es par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biom&#233;trie&lt;/i&gt; &#187;, il est &#233;vident que ce qui pouvait choquer par le pass&#233; est aujourd'hui terriblement normalis&#233;. Pourquoi s'opposer au cam&#233;ras jusque sur son lieu de travail lorsque l'on est d&#233;j&#224; film&#233; dans les transports publics, dans les lieux dits &#171; festifs &#187;, &#224; l'&#233;cole, dans son supermarch&#233;, sur le chemin du stade, aux carrefours et sur l'autoroute, dans les stations de ski et jusque chez soi par sa webcam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette omnipr&#233;sence symbolique des cam&#233;ras, particuli&#232;rement sur l'espace public, vise &#233;galement &#224; lutter contre ce fameux sentiment d'ins&#233;curit&#233;. Mais, sans compter que ce sentiment est &#233;videmment une construction entretenue par un nombre incalculable d'acteurs &#233;tatiques et m&#233;diatiques, multiplier les symboles de l'&#201;tat veillant sur nous est d'abord une mani&#232;re de nous inciter &#224; la d&#233;l&#233;gation du contr&#244;le de nos vies. Je ne veux pas ne plus avoir jamais peur parce que je sais que l'&#201;tat interviendra toujours &#224; temps. En plus de l'ineptie que repr&#233;sente une telle conception puisque jamais un syst&#232;me de surveillance, aussi performant soit-il emp&#234;chera tout acte de violence, il faut compter avec l'indiff&#233;rence envers tout ce qui nous entoure que peut g&#233;n&#233;rer la diffusion d'un tel sentiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la brochure Lettre ouverte &#224; Henri Chabert, S&#233;bastien Thomasson explique la logique du contr&#244;le social qui veut que &#171; &lt;i&gt;si les libert&#233;s individuelles ne comptent ni pour les d&#233;linquants (il faut les surveiller puisqu'ils nuisent &#224; la soci&#233;t&#233;), ni pour les innocents (il faut les surveiller puisque cela ne les d&#233;range pas), alors toutes les personnes d&#233;rang&#233;es par une surveillance constante sont des d&#233;linquants en puissance. Quand la population refuse les dispositifs de contr&#244;le, c'est la preuve de leur n&#233;cessit&#233;&lt;/i&gt;. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Disponible sur http://www.infokiosques.net/lire.ph...&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ce &#224; quoi j'ajouterai que quand la population cesse de les refuser, c'est qu'ils ont accompli pleinement leur action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours s&#233;curitaire qui accompagne la vid&#233;osurveillance est toujours accompagn&#233; d'une pieuse pr&#233;cision, qu'on retrouve dans les pr&#233;sentations de la pr&#233;pos&#233;e &#224; la protection des donn&#233;es et &#224; la transparence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir la pr&#233;sentations d'Isabelle Dubois : La vid&#233;osurveillance sous l'angle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#171; &lt;i&gt;la vid&#233;osurveillance n'est utile qu'accompagn&#233;e d'autres mesures (pr&#233;sence physique) qui permettent une action directe (visionnement en temps r&#233;el)&lt;/i&gt; &#187;. L'inscription de la vid&#233;osurveillance dans le cadre g&#233;n&#233;ral du renforcement des moyens &#233;tatiques de r&#233;pression est on ne peut plus claire. Ainsi, il faut plus de policiers, disposant d'un meilleur mat&#233;riel. Ce n'est pas en soit que la vid&#233;osurveillance contribue &#224; diminuer le nombre de d&#233;lits, mais seulement associ&#233;e au renforcement g&#233;n&#233;ral de l'&#201;tat policier, dont le contr&#244;le au travers des aides sociales et de l'&#233;cole par exemple sont simplement d'autres facettes. Et lorsque l'&#201;tat ne peut se charger seul du contr&#244;le permanent, il peut toujours d&#233;l&#233;guer aux entreprises de s&#233;curit&#233; priv&#233;es auxquelles il fait tellement recours et dont il couvre avec tant d'empressement les exactions qu'on peut se demander en quoi elles sont vraiment hors de son giron. &#192; Gen&#232;ve, par exemple, les cam&#233;ras de l'a&#233;roport sont, d&#232;s la nuit tomb&#233;es, laiss&#233;e &#224; la gestion de l'entreprise Protectas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'affirment ces crapules d'Alain Bauer et Fran&#231;ois Freynet dans un ouvrage qui ne m&#233;rite pas d'&#234;tre nomm&#233;, &#171; &lt;i&gt;une cam&#233;ra ne peut remplacer un policier, un &#233;ducateur, un agent de pr&#233;sence et d'animation, une brigade sp&#233;cialis&#233;e des forces de l'ordre, une politique de la jeunesse sur un territoire, une politique de s&#251;ret&#233; urbaine, des services publics dans un quartier difficile&lt;/i&gt;. &#187; Et la liste est bien plus longue de tout ce qui est mis en &#339;uvre pour contr&#244;ler et guider nos existences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'indigner contre la privatisation de la s&#233;curit&#233; n'a donc pas de sens, c'est m&#234;me dangereux. Qui en dehors de l'&#201;tat poss&#232;de les moyens d'analyser ces images, puis dispose des moyens humains pour r&#233;primer. Rab&#226;cher en permanence le manque de contr&#244;le &#233;tatique de la vid&#233;osurveillance c'est reproduire un discours qui voudrait que celui-ci soit juste parce que d&#233;mocratique. Les personnes assassin&#233;es par la police, massacr&#233;es par les arm&#233;es nationales, tortur&#233;es et tu&#233;es dans les prisons, us&#233;es au travail, en montrent un autre visage. Sinon, je ne sais que r&#233;pondre d'autre &#224; Mme la pr&#233;pos&#233;e que, nous aussi, nous prendrons des mesures permettant une action directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte issu de &lt;a href=&#034;http://lereveil.ch/no14-novembre-2011/videosurveillance-normalisation-du&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://lereveil.ch/no14-novembre-20...&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Le blog &#8220;vid&#233;oflicage &#224; Gen&#232;ve&#8221; : &lt;a href='https://souriez.info/videoflicage.noblogs.org'&gt;http://videoflicage.noblogs.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet les sites internet &lt;a href=&#034;https://www.piecesetmaindoeuvre.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.piecesetmaindoeuvre.com&lt;/a&gt; et le site d'informations &lt;a href=&#034;http://nonabigbrother.free.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://nonabigbrother.free.fr/&lt;/a&gt;. Pour un site plus g&#233;n&#233;ral, visiter &lt;a href=&#034;http://souriez.info/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://souriez.info/&lt;/a&gt;. Un recueil de textes et de tracts sur la lutte grenebloise est disponible &#224; cette adresse &lt;a href=&#034;http://grenoble.indymedia.org/2011-05-29-Video-surveillance-a-Grenoble&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://grenoble.indymedia.org/2011-...&lt;/a&gt; ou directement en pdf &lt;a href=&#034;http://ch.indymedia.org/media/2011/05//81922.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://ch.indymedia.org/media/2011/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Quid de la vid&#233;osurveillance en Ville de Gen&#232;ve ? Constats et perspectives. Rapport &#224; l'attention du Conseil administratif , pp. 14-15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il faut noter &#224; ce propos la multiplication de petits boitiers noirs au-dessus des feux de signalisation dont la nature exacte n'a pu &#234;tre v&#233;rifi&#233;e au moment de l'&#233;criture de cet article.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La liste des agr&#233;ments en mati&#232;re de vid&#233;osurveillance peut &#234;tre consult&#233;e &#224; cette adresse : &lt;a href=&#034;http://www.ge.ch/ppdt/videosurveillance.asp&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.ge.ch/ppdt/videosurveill...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lereveil.ch/1358-cameras-publiques-surveillent&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un rapport r&#233;cent&lt;/a&gt; d&#233;nombre 1358 cam&#233;ras publiques. Outre que les chiffres laissent tr&#232;s songeurs, on y retrouve la plupart des poncifs cit&#233;s dans ce texte. On peut cependant noter l'&#233;volution de certains chiffres : 220 cam&#233;ras &#224; l'a&#233;roport et 57 et non plus 35 cam&#233;ras pour le trafic.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Disponible par exemple &#224; cette adresse : &lt;a href=&#034;ttp://bigbrotherawards.eu.org/article626.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034;&gt;ttp ://bigbrotherawards.eu.org/artic...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Disponible sur &lt;a href=&#034;http://www.infokiosques.net/lire.php?id_article=319&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.infokiosques.net/lire.ph...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir la pr&#233;sentations d'Isabelle Dubois : La vid&#233;osurveillance sous l'angle de la protection des donn&#233;es Pr&#233;sentation aux membres de la commission de s&#233;curit&#233; du conseil municipal de la ville de Carouge.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>LA VID&#201;OSURVEILLANCE S'EMPARE DE NOTRE QUOTIDIEN</title>
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		<dc:subject>Suisse</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le Courrier &lt;br class='autobr' /&gt;
LA VID&#201;OSURVEILLANCE S'EMPARE DE NOTRE QUOTIDIEN &lt;br class='autobr' /&gt;
PHILIPPE BACH, Date : Lundi, 08 janvier @ 00:00:00 &lt;br class='autobr' /&gt;
Sujet Suisse &lt;br class='autobr' /&gt; R&#201;GULATION SOCIALE - Le d&#233;veloppement des cam&#233;ras dans les lieux publics ne suscite pas de d&#233;bats de soci&#233;t&#233;. Ses enjeux sont presque absents de la sc&#232;ne politique. Une &#233;quipe universitaire vient d'analyser l'extension rampante et silencieuse des moyens de contr&#244;le t&#233;l&#233;visuel. Mal ma&#238;tris&#233;e, elle repr&#233;sente un danger pour les libert&#233;s publiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
La (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://souriez.info/-Au-fil-du-web-" rel="directory"&gt;Au fil du web&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://souriez.info/+-Suisse-+" rel="tag"&gt;Suisse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Courrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA VID&#201;OSURVEILLANCE S'EMPARE DE NOTRE QUOTIDIEN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHILIPPE BACH, Date : Lundi, 08 janvier @ 00:00:00&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sujet Suisse&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#201;GULATION SOCIALE&lt;/strong&gt; - Le d&#233;veloppement des cam&#233;ras dans les lieux publics ne suscite pas de d&#233;bats de soci&#233;t&#233;. Ses enjeux sont presque absents de la sc&#232;ne politique. Une &#233;quipe universitaire vient d'analyser l'extension rampante et silencieuse des moyens de contr&#244;le t&#233;l&#233;visuel. Mal ma&#238;tris&#233;e, elle repr&#233;sente un danger pour les libert&#233;s publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vid&#233;osurveillance s'est install&#233;e progressivement dans notre quotidien. De mani&#232;re insidieuse ou, en tous les cas, sans faire l'objet d'un clair d&#233;bat d&#233;mocratique. Une &#233;quipe interdisciplinaire des universit&#233;s de Gen&#232;ve, Lausanne et Fribourg s'est pench&#233;e sur l'extension rampante et silencieuse des instruments de contr&#244;le t&#233;l&#233;visuel. Elle a analys&#233; deux cas d'&#233;cole : la mise en place de syst&#232;mes de vid&#233;osurveillance dans les trams et les bus des TPG (Transports publics genevois) et &#224; l'a&#233;roport de Gen&#232;ve&lt;strong&gt;[1]&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les espaces &#233;tudi&#233;s sont &#224; la fois des lieux de transactions commerciales et d'&#233;changes sociaux. Dans le cas de l'a&#233;roport, le dispositif vise certes &#224; pr&#233;venir les vols, mais est aussi structur&#233; en fonction de la lutte antiterroriste, un &#233;l&#233;ment cl&#233; pour comprendre l'essor incontr&#244;l&#233; des cam&#233;ras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Efficacit&#233; non prouv&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que les auteurs ont eu affaire &#224; un terrain d'&#233;tude passablement mouvant, car ils ont eu &#224; suivre la mise en place de syst&#232;mes en pleine &#233;volution. Ainsi, aux TPG, la proportion de v&#233;hicules &#233;quip&#233;s de cam&#233;ras est pass&#233;e de 10% en janvier 2004 &#224; 35% en d&#233;cembre 2005. Ce d&#233;veloppement a &#233;t&#233; accompagn&#233; d'un certain d&#233;ficit d&#233;mocratique. Un exemple : ce qui avait &#233;t&#233; autoris&#233; par le gouvernement genevois au titre d'exp&#233;rience -et qui devait &#234;tre accompagn&#233; d'une &#233;valuation quant &#224; l'efficacit&#233; de la mesure- s'est &#233;tendu sans que la preuve de l'utilit&#233; de ces cam&#233;ras ne soit donn&#233;e. Ou du moins, &#171; pas de mani&#232;re irr&#233;futable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Panoplie r&#233;pressive&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est en tout cas pas ais&#233; de prouver l'efficacit&#233; de tels engins, dans la mesure o&#249; leur installation prend place dans une panoplie plus large de mesures r&#233;pressives. Les chercheurs ont n&#233;anmoins d&#233;crit les logiques conduisant les autorit&#233;s publiques et les acteurs sociaux &#224; demander l'introduction de tels dispositifs. Elles tiennent en une formule : &#171; La vid&#233;osurveillance permet de discipliner le territoire &#224; d&#233;faut de discipliner l'individu. &#187; Ce qui laisse penser que la surveillance panoptique a tout l'avenir devant elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs de l'&#233;tude plaident pour un cadre l&#233;gal plus strict, mieux d&#233;fini et pourvu de certains garde-fous. Ainsi, selon eux, l'&#233;valuation de l'utilit&#233; des dispositifs install&#233;s devrait &#234;tre le fait d'organismes ext&#233;rieurs aux mandataires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs ont surtout &#233;t&#233; interloqu&#233;s par le fait que les enjeux de la vid&#233;osurveillance sont peu pr&#233;sents sur la sc&#232;ne publique. Ils se demandent pourquoi elle ne suscite pas d'inqui&#233;tudes particuli&#232;res. Le constat est simple : &#171; L'am&#233;lioration du sentiment de s&#233;curit&#233; semble passer avant l'atteinte possible aux libert&#233;s individuelles &#187;. Avec n&#233;anmoins un b&#233;mol : les personnes concern&#233;es dans leur vie quotidienne par la probl&#233;matique saisissent, en revanche, tr&#232;s vite les dangers que le contr&#244;le t&#233;l&#233;visuel peut comporter. Ainsi, dans le syst&#232;me mis en place aux TPG, les chauffeurs des bus et des trams ont express&#233;ment refus&#233; d'&#234;tre plac&#233;s dans le champ des cam&#233;ras. La vid&#233;osurveillance n'est pas une fatalit&#233;. I Des prix dont personne ne veut. Au mois de novembre dernier a eu lieu &#224; B&#226;le, au centre culturel Sudhaus, la d&#233;sormais traditionnelle remise du prix Big Brother r&#233;compensant la pire intrusion dans la sph&#232;re priv&#233;e. Ce prix, qui consiste en une s&#233;rie de statuettes, est d&#233;cern&#233; pour la septi&#232;me fois en Suisse par un collectif issu des Archives de l'Etat fouineur suisse et le Swiss Internet User Group&lt;strong&gt;[1]&lt;/strong&gt;. Avec pour but de pr&#233;venir et de d&#233;noncer toute vell&#233;it&#233; de d&#233;rive autoritaire de l'Etat ou du &#171; L&#233;viathan &#233;conomique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En appelant George Orwell &#224; la rescousse, les initiants de ce prix -d&#233;cern&#233; dans seize pays- se donnent aussi pour mission de d&#233;fendre les valeurs fondamentales de la d&#233;mocratie. Les prix se r&#233;partissent en trois cat&#233;gories : Etat, business et lieu de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Big Blocher is watching you&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re r&#233;compense est all&#233;e au Conseil f&#233;d&#233;ral in corpore, et plus particuli&#232;rement &#224; son &#233;minent repr&#233;sentant Christoph Blocher, chef du D&#233;partement f&#233;d&#233;ral de justice et police. Une mani&#232;re de primer sur le ton de l'ironie le renforcement de la loi f&#233;d&#233;rale visant au maintien de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'occurrence, ce projet de l&#233;gislation pr&#233;voit une atteinte grave aux droits fondamentaux, a estim&#233; le jury du prix, puisqu'il permet la mise sur &#233;coute t&#233;l&#233;phonique, les perquisitions d'un syst&#232;me informatique, les perquisitions secr&#232;tes, la pose de micros dans des appartements, etc. &#171; Tout cela, sous le couvert d'une enqu&#234;te pr&#233;ventive, c'est-&#224;-dire sans soup&#231;on concret ni contr&#244;le juridictionnel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la seconde et glissante marche du podium, on trouve le Conseil d'Etat du canton de Zurich, acoquin&#233; pour l'occasion &#224; la Banque nationale suisse pour leur coresponsabilit&#233; dans la transmission de donn&#233;es bancaires de clients &#224; la soci&#233;t&#233; de compensation Swift. Cette derni&#232;re a ensuite livr&#233; un acc&#232;s en ligne de ces donn&#233;es aux autorit&#233;s &#233;tasuniennes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acc&#232;s aux tests HIV&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me champ d'investigation des limiers du prix Big Brother : la cat&#233;gorie Business. Le prix de la pire fouine est all&#233; &#224; l'assurance CSS (Chr&#233;tienne sociale suisse). Cette derni&#232;re a permis &#224; un large cercle de collaborateurs d'avoir acc&#232;s, en ligne, &#224; des donn&#233;es sensibles de leurs assur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces fichiers &#233;taient en fait destin&#233;s au m&#233;decin-conseil de l'assurance et contenaient des &#233;l&#233;ments tels que des diagnostics m&#233;dicaux ou les r&#233;sultats d'un test de s&#233;ropositivit&#233; ! Pour la petite histoire, une plainte a m&#234;me &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e par le pr&#233;pos&#233; f&#233;d&#233;ral &#224; la protection des donn&#233;es contre la CSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un accessit a &#233;t&#233; d&#233;cern&#233; &#224; l'entreprise jurassienne Locatis, qui a cr&#233;&#233; une balise de localisation. De la taille d'un paquet de cigarettes, elle peut se placer dans un sac &#224; main et son emplacement est localisable par internet. L'entreprise a d&#233;velopp&#233; ce produit pour retrouver les chiens &#233;gar&#233;s. Mais on imagine ais&#233;ment d'autres usages potentiels moins reluisants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pire qu'au Kremlin ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, troisi&#232;me cat&#233;gorie de r&#233;compense : les lieux de travail. C'est la cha&#238;ne Media Markt qui emporte le pompon via sa filiale de Dietikon. Le responsable de ce magasin a espionn&#233; ses employ&#233;s non seulement dans les espaces de vente, mais les a aussi traqu&#233;s jusqu'au fond des chiottes, pour reprendre la formule du pr&#233;sident Poutine, avec des cam&#233;ras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;ant de l'&#233;lectronique est talonn&#233; par le Jumbo de Meyrin o&#249; les employ&#233;s ont, eux aussi, fait l'objet d'une surveillance patronale lorsqu'ils allaient satisfaire un besoin pressant. Une mention sp&#233;ciale &#171; oeuvre &#187; a &#233;t&#233; d&#233;cern&#233;e &#224; Hans Wegm&#252;ller, directeur du service de renseignement strat&#233;gique, les services secrets suisses. &#171; Entr&#233; en fonction il y a cinq ans, il est le chef d'un nombre inconnu de collaborateurs et dispose d'un budget d'une somme inconnue. &#187; Parmi ses pr&#233;rogatives, il g&#232;re entre autres le dispositif de surveillance de masse des t&#233;l&#233;coms ONYX, celui-l&#224; m&#234;me qui a permis d'intercepter le fameux &#171; fax &#233;gyptien &#187; indiquant l'existence de prisons secr&#232;tes de la CIA en Europe. PBH La pose de cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance sur le domaine public, du moins &#224; Gen&#232;ve, est un ph&#233;nom&#232;ne relativement r&#233;cent. La premi&#232;re commune &#224; en avoir fait la demande est celle du Grand-Saconnex. Le Conseil d'Etat a avalis&#233; cette requ&#234;te en mars 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la pose de cam&#233;ras soit soumise &#224; un cadre l&#233;gal, quelques &#233;lus municipaux du Grand-Saconnex avaient &#233;mis des craintes. Hormis ce cadre -notamment la loi sur les informations trait&#233;es automatiquement par ordinateur (LITAO)-, plusieurs garde-fous, cens&#233;s prot&#233;ger les personnes film&#233;es, s'y ajoutent afin d'&#233;viter les abus de type &#171; fouineur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, les visages sont crypt&#233;s et ne sont rendus visibles qu'en cas d'agression ou de d&#233;pr&#233;dation av&#233;r&#233;e. Ensuite, les enregistrements ne sont pas conserv&#233;s plus de trois jours. A l'exception des cas de d&#233;lits, aucune image ne peut donc &#234;tre archiv&#233;e. Enfin, en qualit&#233; d'autorit&#233; de surveillance des communes, le Conseil d'Etat est le garant du r&#232;glement soumis &#224; la vid&#233;osurveillance du domaine public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre mois apr&#232;s le Grand-Saconnex, &#224; savoir en juillet 2006, c'est la commune de Vernier qui a obtenu l'aval du Conseil d'Etat pour installer des cam&#233;ras sur son territoire. Destin&#233; &#224; pr&#233;venir ou &#224; limiter les agressions ou autres manifestations qui contribuent &#224; d&#233;velopper l'ins&#233;curit&#233;, le ph&#233;nom&#232;ne prend discr&#232;tement de l'ampleur. Si on y ajoute les cam&#233;ras install&#233;es depuis longtemps sur le domaine priv&#233; (banques, bureaux, commerces, etc.), on peut estimer que chaque citoyen est film&#233; &#224; son insu plusieurs fois par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les r&#233;sultats obtenus en mati&#232;re d'incivilit&#233;s sur le domaine public, difficile de tirer un bilan pour l'instant, surtout que la commune du Grand-Saconnex annonce ne pas avoir encore install&#233; ses cam&#233;ras. &#171; Nous avons m&#234;me demand&#233; un avis de droit, ce qui nous a valu une m&#233;diatisation importante &#187;, pr&#233;cise Thierry Perret, responsable des finances de la commune. Ce dernier pense en revanche que d'autres communes ont install&#233; des cam&#233;ras sans que la presse n'en parle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au D&#233;partement des institutions (DI), l'attach&#233;e de presse Yvette Renard, apr&#232;s v&#233;rification, affirme en revanche qu'&#224; l'exception de Vernier et du Grand-Saconnex aucune autre commune n'a fait de demande d'autorisation pour installer un syst&#232;me de vid&#233;osurveillance. LUCA BENETTI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gression des libert&#233;s sous l'oeil des cam&#233;ras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PHILIPPE BACH&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la septi&#232;me fois, un collectif, n&#233; dans la foul&#233;e du scandale des fiches, a d&#233;cern&#233; il y a un mois le prix Big Brother r&#233;compensant les pires intrusions dans la sph&#232;re priv&#233;e. Une r&#233;cente &#233;tude des universit&#233;s romandes montre que la g&#233;n&#233;ralisation de la vid&#233;osurveillance se fait dans un silence d&#233;mocratique assourdissant. Et pourtant, ce sont les fondements de l'Etat de droit d&#233;mocratique qui sont &#233;branl&#233;s par des pratiques g&#233;n&#233;ralis&#233;es d'espionnage des travailleurs, d'interconnexion des fichiers ou d'enqu&#234;tes polici&#232;res plus ou moins clandestines men&#233;es sous couvert de lutte contre le terrorisme. Un substantif qui a le m&#233;rite d'&#234;tre suffisamment vague pour autoriser &#224; peu pr&#232;s tout et n'importe quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte de r&#233;gression des libert&#233;s, l'initiative obstin&#233;e des militants de l'Association des archives de l'Etat fouineur suisse m&#233;rite d'&#234;tre applaudie. A force de tirer la charrue &#224; chiens, il est certain qu'un jour la population s'extraira de son anesth&#233;sie et refusera de se laisser espionner dans un espace public qui lui appartient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'on ne peut que regretter les pr&#233;textes vaseux invoqu&#233;s par les autorit&#233;s lorsqu'elles sollicitent des autorisations pour installer ces yeux de Ca&#239;n &#233;lectroniques. Les m&#234;mes qui entretiennent l'ins&#233;curit&#233; sociale en paup&#233;risant des couches enti&#232;res de la population, qui d&#233;truisent quotidiennement l'Etat et sa fonction de contr&#244;le social et r&#233;galien, en appellent ensuite &#224; la matraque &#233;lectronique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pitoyable. Mais gu&#232;re &#233;tonnant. Le lib&#233;ralisme n'est plus qu'un mot creux d&#233;signant le droit du pillage. Les valeurs de l'Etat de droit -par exemple la notion de proportionnalit&#233; ou de pr&#233;somption d'innocence- ou tout simplement la notion de libert&#233; ne p&#232;sent plus tr&#232;s lourd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette colonisation des esprits par le tout-s&#233;curitaire a visiblement gagn&#233; la gauche aussi. C'est un Conseil d'Etat &#224; majorit&#233; rose-vert qui a autoris&#233; les communes genevoises du Grand-Saconnex et de Vernier &#224; installer des dispositifs pour filmer leurs habitants. Il y a juste mis les formes -un cadre r&#233;glementaire- mais le fond reste le m&#234;me. De quoi s'inqui&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article provient de Le Courrier&lt;/p&gt;
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