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ATTENTATS ET VIDEOSURVEILLANCE

La peur ne doit pas l’emporter sur nos libertés

mercredi 3 août 2005, par collectif

Le gouvernement français prétend avoir été convaincu par l’efficacité du système de contrôle et de surveillance britanique durant les attentats. Cependant toutes les mesures sécuritaires qui vont être mises en place avaient déjà été prévues bien avant les attentats de Londres.


ATTENTATS ET VIDEOSURVEILLANCE : LA PEUR NE DOIT PAS L’EMPORTER SUR NOS LIBERTES

Après les attentats de Londres, le gouvernement nous annonce l’élaboration d’une nouvelle loi cet été, prévoyant l’élargissement du parc de caméras de vidéosurveillance dans l’espace public ainsi que le stockage prolongé des images jusqu’à présent limité à une période d’un mois.

Le gouvernement prétend avoir été convaincu par le système britannique de contrôle par caméras durant les attentats. Alors que tout ce dispositif était déjà prévu bien AVANT les événements de Londres. Ainsi toutes les gares RER, tous les bus devaient être équipés de caméras dans un délai d ’un an. Il était même prévu d’installer 4 caméras par rame de métro sur 3 lignes (ligne 2, 5 et 9 du métro parisien) (Métro du 20 juin 2005), etc. Répétons le, tout cela, c’était avant Londres. Les attentats sont donc une excellente occasion pour faire passer sans discussion, en urgence, des mesures prévues de longue date.

D’ailleurs, au regard des derniers développements de la vidéosurveillance (la loi sur la prévention de la délinquance : bailleurs sociaux incités à poser des caméras dans leurs immeubles ; loi Perben II qui rend possible l’installation des caméras dans les logements privatifs (art 706 al. 716), le projet experimental concernant l’installation de caméras de vidéosurveillance dans 8 villes simultanément : contrat d’agglomération de la vallée de Montmorency (CAVAM)), il était malheureusement de plus en plus prévisible qu’une nouvelle loi soit présentée par le gouvernement.

De plus, l’efficacité de ces dispositifs reste à prouver : dans des villes aussi sécuritaires que Londres et Madrid, la vidéosurveillance n’a empêché ni les poseurs de bombe, ni les victimes. En février 2005, le département des statistiques anglais rendait un rapport dans lequel il se montrait plus que réservé concernant l’utilité de la vidéosurveillance aux vues des résultats et des sommes exorbitantes dépensées. Le 27 juillet 2005, D. de Villepin a déclaré « nous sommes très soucieux de trouver le bon équilibre entre l’exigence de sécurité et l’exigence de liberté ». Mais est ce qu’une société où nos faits et gestes sont surveillés est encore une société libre ? Multiplication des fichiers sociaux, médicaux, policiers, nouvelle carte d’identité biométrique (INES) prévue pour la fin de l’année, mise au pas des avocats, déshumanisation de l’espace public par le tout technologique, stigmatisation de certaines populations, etc.

Le terrorisme a quand même bon dos. Rappelons nous que juste après le ras-le-bol social exprimé lors du référendum du 29 mai, Sarkozy a parlé de « nettoyer au Kärcher la Courneuve », de faire « payer les mauvais juges ». Il y a au-delà du terrorisme, une stratégie politique visant à nous aiguiller sur d’autres sujets que la question sociale.

Coordination Ile-de-France anti-vidéosurveillance

Contacts : 06 20 78 37 11 - 06 07 72 22 75 Mail : nocamera.idf@no-log.org


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