Kamel Daoudi a aujourd’hui 51 ans, et il a passé plus de la moitié de son existence entre les mains de la justice, ou plutôt entre les crocs de l’administration antiterroriste.
C’est un cas emblématique, nous l’avons rencontré à plusieurs reprises ces dernières années, et à chaque fois il devait rappeler que dans son dossier, rien n’avançait. Son assignation à résidence est prolongée d’année en année depuis 2009, alors que sa première arrestation date de 2001 et qu’il a purgé une peine de six ans de prison. Une véritable punition d’État, comme il va le raconter. Il peut par exemple être contraint de changer de lieu d’assignation à tout moment, c’est le ministre de l’intérieur en personne qui décide, et très souvent il s’est retrouvé a plus de 500 km de sa famille…
Kamel Daoudi a fait l’objet d’une procédure qui bafoue tous les droits fondamentaux, et cela bien avant les fameuses MICAS (Mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance), qui permettent de tenir à l’œil toute personne considérée comme « dangereuse » sans aucune décision judiciaire. Les MICAS ont été mises en œuvre après les attentats de 2015 et ont été introduites dans le droit une fois que les mesures de l’état d’urgence ont été pérennisées en 2017.
Kamel était donc au micro de l’émission Tapage, diffusée sur canal sud dans la région de Toulouse. une émission animée par l’équipe du site La Sellette, qui conclut ainsi une série de 3 émissions sur la justice antiterroriste : d’abord un entretien avec la chercheuse Vanessa Codaccioni, 2eme volet avec le témoignage d’un des inculpés de l’affaire du 8 décembre 2020, et donc voilà donc le 3eme volet avec Kamel Daoudi, "L’assignation à résidence : une peine après la peine".
– Écouter l’émission sur le site de La Sellette
PLUS D’INFOS :
– Le blog de Kamel sur le club de Mediapart, "Assigné à Résistance / Sentier Battant"
– Son livre, Je suis libre… dans le périmètre qu’on m’assigne, Les éditions du bout de la ville, 2022
– Lundi matin a publié plusieurs interviews et articles sur sa situation, et notamment le communiqué de la femme de Kamel, Sandra Daoudi, dans lequel elle expose son épuisement et les raisons de la grève de la faim qu’elle a faite en 2023.







