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NOUVELLE ACTION ANTIPUB MASSIVE ET NON-VIOLENTE

VENDREDI 19 DEC 2003

jeudi 18 décembre 2003, par souriez


1) Un contexte de Désobéissance Civile

2) Les lieux de rendez-vous (16 différents à Paris, des rassemblements dans des dizaines de villes)

3) La Démarche (ciblée, assumée, non violente, propre, joyeuse, pédagogique...)

4) Conseilhttp://www.casseursdepub.org/ et modalités pratiques (TRES IMPORTANT A LIRE POUR CEUX QUI PARTICIPERONT)

5) L’appel au recouvrement publicitaire (la motivation d’origine)

6) Le manifeste contre le système publicitaire (quelques arguments à connaître et utiliser)

1) Un CONTEXTE de Désobéissance Civile

La publicité a montré son véritable visage le vendredi 28 Novembre, pas si inoffensif qu’elle aime le faire croire puisqu’une véritable armada policière a été déployée à Paris pour défendre l’ordre public-itaire. Les dirigeants de Metrobus pensent pouvoir "décapiter" le mouvement en s’attaquant à des individus isolés, en intimidant des hébergeurs de sites non-commerciaux, en brandissant des préjudices financiers. Va-t-on militariser le métro ou le reste de la ville pour empêcher les individus de se défendre contre le lobby, le système, la menace publicitaire qui porte atteinte à la démocratie, à l’environnement et aux valeurs humanistes ? Cet appel aux citoyens n’est pas insufflé par une association ni une organisation ; il vient de rencontres d’individus qui ont (eu) envie d’agir et de transmettre cette envie. Nous réaffirmons que ce mouvement s’organise de façon horizontale. Nous n’avons pas de dirigeants, chaque participant peut s’en faire le porte-parole, et nous ne souhaitons pas entrer en clandestinité car nos actions sont non-violentes et légitimes. Déjà, de nombreux groupes organisent en toute autonomie des actions anti-pub plus quotidiennes, que ce soit dans le métro ou ailleurs, à Paris ou dans d’autres villes. Nous refusons aujourd’hui que se poursuive et que se maintienne la privatisation de l’espace public, et nous réfutons l’inéluctabilité de la marchandisation du monde, dont la publicité est le premier relais. Nous sommes toujours plus déterminés et toujours joyeux, toujours plus nombreux et toujours non-violents !!

2) LIEUX DE RENDEZ VOUS :

Pour les villes de France, voir www.stopub.tk et www.bap.propagande.org

16 lieux de rendez-vous pour Paris (voir plan sur www.stopub.tk ) : Impératif : ARRIVEZ PAR LE METRO à 18h55 !! 1er Tuilleries Ligne 1 Quai Vincennes
- 5e Maubert Mutualité Ligne 10 Quai Boulogne
- 5e Censier Daubenton Ligne 7 Quai La Courneuve
- 6e Saint Sulpice Ligne 4 Quai Pte Clignancourt
- 8e Liege Ligne 13 Quai Pte Chatillon
- 9e Cadet Ligne 5 Quai Villejuif
- 9e Anvers Ligne 2 Quai Pte Dauphine
- 10e Château d’eau Ligne 4 Quai Pte d’Orléans
- 11e Faidherbe Chaligny Ligne 8 Quai Balard
- 11e Breguet Sabin Ligne 5 Quai Bobigny
- 11e Saint Ambroise Ligne 9 Quai Pont de Sevres
- 12e Bel Air Ligne 6 Quai Charles de Gaulle
- 14e Volontaire Ligne 12 Quai Pte Chapelle
- 17e Courcelles Ligne 2 Quai Nation
- 19e Bolivar Ligne 7 bis Quai Jaurès
- 20e Télégraphe Ligne 11 Quai Chatelet

3) LA DEMARCHE

La publicité uniquement comme cible Objectif : recouvrir toutes les affiches 4x3 de toutes les stations de métro de toutes les lignes ! Faire une croix noire, puis coller et écrire ce que vous voulez’ Chacun aura son matériel pour être autonome. L’objectif est d’en faire le maximum, le plus vite possible. Ce n’est pas un divertissement, mais une démarche civique, politique, philosophique avant tout. Cela n’empêche pas de faire du beau, mais la contrainte du temps et la recherche de l’efficacité sont déterminantes. Ne nous attaquons qu’aux publicités, surtout pas aux supports, encadrements, et mobiliers. Ne nous exposons pas à des poursuites pour dégradations. Soyons propres, courtois, joyeux, humains !! Assumons notre démarche !! Accompagner sa démarche de courtoisie (bonjour, excusez moi, etc...) pour ne pas gêner les personnes sur les lieux. Attention aux passants et aux risques de dégoulinades en utilisant la peinture. Faire les croix sur la partie inférieure des panneaux, pour que çà ne coule pas. Nous n’agissons pas dans la clandestinité. Ne pas hésiter à aller à la rencontre des gens : nous ne sommes pas des vandales, ni des taggeurs, mais des citoyens qui nous manifestons contre le système publicitaire et pour un espace public non privatisé par la publicité ! (voir « arguments motivés »). Nous nous occupons de notre espace de vie tout simplement en s’appropriant les espaces d’expression qui n’existent pas ! Communiquons et témoignons ! Ayons le rapport le plus convivial possible avec les usagers du métro, le personnel et les forces de l’ordre, en expliquant la légitimité, en dialoguant pour dissiper les peurs, non-compréhensions, ou hostilité des passants. Parlons aux passagers pour expliquer notre geste. Distribuons non-mécaniquement le tract d’appel (téléchargé et photocopié) ou le vôtre. Faisons preuve de pédagogie. Préférons des messages constructifs et créatifs au « rentre-dedans ». Que certains se munissent de caméra et d’appareils photos (les photos envoyées à l’adresse du site y seront publiées). Cette action est non-violente ! Que tout se passe dans la dignité et la bonne humeur ! Restons toujours calmes ! Pas d’injure, pas d’insulte, aucune violence écrite, orale ou physique. En cas de dérapage (éléments incontrôlés violents...) ou de friction, ne cautionnons pas, ne suivons pas. Rassemblons -nous autour du problème, restons courtois, tentons la médiation. Nous ne sommes cependant pas là pour raisonner des personnes extérieures qui se greffent à l’action (perte de temps et conflit qui dégénère). Chacun sait qu’il encourt des risques (bien que modérés) mais nous sommes des individus responsables qui agissons dans le cadre d’une action de désobéissance civile !!!

4) CONSEILS PRATIQUES ET MODALITES D’ACTION

Avant l’action : Il est essentiel que chacun apporte de quoi agir : vous êtes les acteurs de cette action et si vous n’apportez rien, rien ne pourra se faire. Se munir de peinture (noire de préférence pour les croix) en quantité non négligeable et d’outils adéquats : rouleaux, pinceaux, sceaux, grilles, manches à balais, ainsi que de marqueurs à large tracé, gouacheurs, affiches et colle, etc. Evitez les aérosols qui en plus d’être polluants et nocifs sont désagréables pour tout le monde en sous-sol. Apporter des chiffons, des gants... Prenez un ticket et une pièce d’identité, et laissez tout ce qui peut être assimilé à quelque chose de dangereux (opinel, etc’). Ecrivez vos nom et prénom sur des petits papiers (à garder sur vous) pour les lâcher en cas d’arrestation, afin que l’on puisse vous retrouver rapidement avec des renforts juridiques et organiser rapidement une défense et une solidarité !Concrètement à 19 h PRECISES ABSOLUMENT ! Nous nous retrouverons directement sur le quai des différentes stations de métro annoncées comme lieu de rendez vous. Venez-y directement par métro. Chaque groupe spontanément constitué sur le lieu de rendez-vous partira au moment annoncé. Le groupe étant autonome, chacun peut prendre la parole pour partager un sentiment, une analyse, une proposition afin de prendre une décision (direction, pause, dispersion, transformation ou fin de l’action, etc) en consensus. Il est conseillé qu’une ou quelques personnes ’ celles qui ont un peu d’expérience, d’assurance, de savoir à transmettre, une bonne connaissance de ce tract, etc’) propose de jouer le rôle de relais (même si les décisions restent collectives) afin de « canaliser » et rester dans un cadre de propreté, de respect des usagers, de dialogue, d’explication pédagogique, de non-violence, afin de recentrer l’action au besoin, de surveiller l’arrivée d’agents en étant posté à chaque extrémité de quai et de permettre à tous se regrouper à ce moment. Agir solidairement et collectivement en cas de problème’Bien garder en tête que chacun est responsable de ses actes et que tout le monde est porte-parole. Comme les fois pr=E 9cédentes, l’organisation est horizontale : ceux qui ont une expérience la partagent, mais il n’y a pas de chefs ni de responsables. Ne pas agir au point de rassemblement. N’agir en station qu’après le départ de la rame de métro, et en étant discret à l’entrée d’une rame. Ne nous séparons JAMAIS. Evitons les initiatives solitaires et improvisations. Garder les grosses stations (gares et gros changements) pour la fin de l’action. Ne pas traîner sur le lieu de dispersion et sur la dernière station « d’action ». On ne risque qu’une amende de 62 ? (contravention de 5e classe) en ne dégradant que les affiches. Chacun prend un risque calculé. En cas d’interpellation : Les agents et « milices » RATP n’ont pas le doit de vous demander vos papiers ou de vous fouiller, mais seulement de demander un titre de transport. Ne payez pas d’amendes et expliquez/inscrivez que votre action est légitime. Vous n’êtes pas non plus obligé-e de signer votre déposition, pas plus qu’un procès verbal (de la RATP par exemple). Vous pouvez être emmené au commissariat pour un contrôle d’identité (au delà de 4h, cela devient une garde à vue). Après une heure de garde à vue (pas avant), vous pouvez demander à voir un avocat (un commis d’office est gratuit). Si jamais vous étiez victime de violences, lors de l’arrestation ou du transport en commun, n’hésitez pas à demander immédiatement à voir un médecin et cherchez à obtenir un certificat médical. En matière d’action collective, la règle est de ne rien déclarer, c’est à dire de décliner identité, adresse et profession, ce qui est obligatoire, et puis de répondre « je n’ai rien à déclarer » pour toute autre question. Mais libre à vous de nier ou d’assumer.

L’ARTICLE 12 DE LA DECLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME, AINSI QUE LA CONSTITUTION FRANÇAISE INVOQUE LE DROIT D’ALLER CONTRE LA LOI SI L’ETAT UTILISE DES PRINCIPES CONTRAIRES A L’ETHIQUE ET LA MORALE, NOTAMMENT A TRAVERS DE LA DESOBEISSANCE OU DES MANIFESTATIONS’ Faites une Bonne Action !!

5) L’APPEL AU RECOUVREMENT D’ESPACES PUBLICITAIRES :

"NOUS, enseignant(e)s, chômeurs(ses), chercheurs(es), intermittent(e)s, personnel de santé, archéologues, précaires, fonctionnaires, étudiant(e)s, architectes, urbanistes, informaticien(ne)s, etc., lançons solennellement un appel à un acte de réappropriation citoyenne. En France, la dégradation généralisée de la protection sociale, la décentralisation annoncée à l’Education Nationale, la réforme des retraites, les réformes à venir de la Sécurité sociale, les privatisations annoncées de la Poste, EDF, SNCF, etc. font partie de ce dépeçage systématique de nos " biens communs ". L’école sera livrée aux marchands, la médecine deviendra " à plusieurs vitesses ", le vivant propriété intellectuelle des multinationales, la culture calibrée pour un public formaté’ Les principes qui fondent notre société, égalité, droits sociaux, vont disparaître progressivement parce qu’ils sont considérés par l’OMC comme des obstacles au commerce. Ce projet est planifié et échappe à tout contrôle démocratique. Son nom : l’Accord Général sur le Commerce et les Services (AGCS). Début de son application : 2005. Face au durcissement de l’offensive capitaliste, nous déclarons publiquement combattre ce nouveau totalitarisme et attaquons son carburant : la publicité. Elle envahit nos espaces publics, la rue, les métros, la télévision. Elle est partout, sur nos vêtements, sur nos murs, sur notre petit écran. Résistons avec des moyens créatifs, pacifiques et légitimes. Nous nous proposons de recouvrir systématiquement les panneaux publicitaires de nos villes et de nos campagnes, sans endommager l’environnement, mais au contraire en les réinvestissant de sens, en créant la surprise . Chaque vendredi à 19h, retrouvons-nous en petits groupe de dix à vingt personnes, en plusieurs endroits des villes et des villages ; rencontrons nous pour nous réapproprier l’espace public par un geste collectif et joyeux de protestation face à la privatisation du monde. Nous appelons toutes et tous à venir nous rejoindre dans ce combat. Notre démarche n’est pas esthétique, elle est politique.

6) LE MANIFESTE CONTRE LE SYSTEME PUBLICITAIRE TOTALITAIRE

La publicité est omniprésente’ 200 milliards de francs en 2000 (le budget de l’éducation était de 380 milliards), 1 million d’affiches (dont un tiers d’illégales), 40 kilos de prospectus par an et par boite à lettre. Sonmatraquage est incessant Nous absorbons chaque jour 3 000 publicités :coupures TV et radio, fax et téléphone, internet, tables-cafés, moyens de transports emballés, sacs, vêtements, objets, etc’ La publicité commence à faire son intrusion dans les écoles (dans le matériel pédagogique, les partenariats et les ventes de boissons). Toutes les ressources créatives et les disciplines scientifiques sont mises à contribution pour accroître son efficacité de persuasion. Avec le sponsorat, elle altère l’esprit du sport et s’immisce dangereusement dans la culture. Les médicaments et la médecine ne cherchent plus la santé mais les parts de marché. A coups de millions, les lobbies font leur propagande quels que soient les risques sur l’environnement et les répercussions sur la santé physique et mentale (le monopole industriel pro-nucléaire, l’industrie automobile pour la vitesse et le sur-équipement, les marchands d’alcool, de cigarettes et de sexe qui prétendent vendre du bien-être, etc).

RETROGRADE ET DANGEREUSE

La publicité propage des idéologies néfastes : sexisme, ethnocentrisme, culte de l’apparence, compétition et escalade sans but et sans fin. Elle n’hésite pas à jouer sur nos pulsions animales, nos souffrances et nos frustrations pour nous vendre cette recette utopique qu’est la consommation qui résoudrait nos malheurs. La publicité génère la violence chez ceux qui sont exclus de tous les biens dont on nous matraque en permanence, la frustration pour celui qui possèdera le bien vanté parce qu’il ne tiendra jamais ses promesses, et des complexes en terme d’image. Son message est de pousser à la consommation au mépris des réalités écologiques, humaines et sociales.

ANTIDEMOCRATIQUE ET INEGALITAIRE

Quelqu’un qui souhaite vivre en société ne peut pas échapper à la publicité. La publicité n’est pas de la communication puisque l’envoi de message se fait à sens unique. Elle a le monopole de l’expression (réduite à un « faire-vendre »). Seuls ceux qui ont de l’argent peuvent l’utiliser. Dans ce système, une grosse entreprise peut se doter d’une image positive et vendeuse même si elle a des mauvais produits à vendre et un comportement irresponsable. Au contraire, un petit producteur aux procédés éthiques se retrouve noyé, faute de moyens’ Les plus riches peuvent évidemment asseoir leur domination commerciale, idéologique ou politique. La publicité lie les médias (puisqu’elle les finance) aux exigences des annonceurs-entreprises, donc elle les pousse et les réduit à (ne) rechercher (que) le « chiffre » et l’audimat. La publicité crée aussi un danger pour l’information : avec la menace de retirer les budgets dont les médias dépendent, les pouvoirs économiques deviennent intouchables.

INUTILE ET COUTEUSE

La publicité crée de faux besoins et provoque des dépenses inutiles voire des endettements. En poussant vers une consommation superflue et futile, la publicité contribue à l’épuisement des ressources et à la création de déchets. Elle n’est pas nécessaire à l’économie (sur les 5 dernières années, elle a augmenté six fois plus vite que la croissance réelle), mais uniquement à la bataille des parts de marché dont elle est l’arme favorite. Par contre, nous payons son coût inclus dans le montant de nos achats. Pire encore, ce que les entreprises dépensent en publicité est hélas compensé par des réductions de budget sur les autres postes (emplois supprimés ou délocalisés, conditions de sécurité négligées, salaires et conditions sociales indécentes). Cette réalité est la stratégie des multinationales.

SORTIR DU SYSTEME PUBLICITAIRE

Ce combat est aussi important que les autres car tout est relié. La publicité est la main droite de l’économie libérale. C’est aussi une vitrine aveuglante de la « société consumérale ». Que la publicité préfère les consommateurs suiveurs et égocentriques aux citoyens éveillés et responsables est significatif...

La publicité doit revenir à un rôle purement informatif. Elle doit être contenue, transparente localisée et égalitaire d’accès.

Le commerce ne doit pas avoir plus de moyens d’expression que la culture et les arts (qui embelliront nos villes et nous divertiront sans arrière-pensée commerciale), que la philosophie, la poésie, l’humour et la littérature, que les associations, la politique locale et les initiatives sociales, que l’expression libre, individuelle et gratuite. Car le commerce n’est au plus qu’un des éléments qui forment la société !

RESISTONS !!


http://www.casseursdepub.org/


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