Souriez vous êtes filmé·es

Bédier aggrave son cas

Toujours plus de caméras à Mantes-la-Jolie

lundi 29 décembre 2003, par francis

Le 13 décembre Jean-François Copé, la tête de liste UMP aux régionales, vient clamer à Mantes-la-Jolie son amour de la vidéosurveillance : "On va mettre le paquet sur la vidéosurveillance dans les halls, les rues commerçantes, autour des gares. Je m’engage à financer ces installations partout où les maires les demanderont". C’est proféré devant "850 convives attablés" (Le Courrier de Mantes du 17/12) auxquels ça n’a apparemment pas coupé l’appétit.


Deux jours plus tard, le premier adjoint Pierre Bédier annonce au conseil municipal qu’un arrêté préfectoral du 14 novembre l’autorise désormais à placer des miradors électroniques au croisement des rues Bretonneau et Clemenceau, Ronsard et Doret, Sully et Nungesser, De Gaulle et Diderot, Camus et Garennes, Sully et De Gaulle, Sully et Clemenceau. Et tant qu’à "mettre le paquet", les places Dunant, Briand, et De Lattre, mais aussi la gare, la clinique du Val-Fourré, le rond-point de l’hôpital et le boulevard Franklin-Roosevelt, seront également sous le regard des caméras.

Le Val-Fourré quadrillé

La préfecture autorise mais sur la "Dalle" du Val-Fourré, la seule place actuellement sous vidéosurveillance à Mantes, elle s’avère incapable de faire respecter l’obligation légale minimum d’information : cela fait des années que les caméras tournent et que les passants n’en savent rien.

Les caméras de la "Dalle", financées sur fonds sociaux, avaient valu à Bédier un Prix Orwell, de réjouissante mémoire (voir la vidéo). Où Bédier a-t-il appris qu’une telle récompense ne s’obtenait qu’une seule fois ?

Les nouvelles caméras seront "munies de filtres interdisant l’accès à l’intérieur des habitations pour garantir le respect de la vie privée" tente de faire croire Bédier, qui ment également sur le financement du projet. "Cet investissement représente moins d’1,5 € par habitant : ce serait dommage de s’en priver !" L’énorme bobard consiste à faire croire aux Mantais que, dans la mesure où la plus grosse part des 583 300 € HT sera supportée - peut-être - par l’Etat et la Région, ça ne leur coûterait, à eux, pas un rond d’être fliqués vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Comme s’ils ne contribuaient pas également aux budgets de l’Etat et de la Région !

Alors qu’il pourrait, comme on sait, ne pas échapper à la rigueur de la loi, le sous-ministre des prisons Bédier peaufine depuis quelques mois son image sécuritaire : en plus des caméras, les habitants de la communauté d’agglomération ont appris quasiment coup sur coup qu’ils allaient être "équipés" d’une caserne de CRS et d’une prison pour mineurs. "Les effectifs de CRS pourraient s’engager sur le Mantois en cas de besoin" a menacé, frénétique, le sous-ministre.

Dans une ville où la liberté de se réunir est de moins en moins garantie (les salles municipales n’étant accessibles qu’aux associations signataires d’une charte d’allégeance à la mairie), où les panneaux d’affichage associatif ont quasiment disparu, l’association Décil - Démocratie et citoyenneté locales à Mantes-la-Jolie - tente d’alerter la population sur le délirant projet du faux maire (et vrai premier adjoint) de Mantes-la-Jolie.

Contact : decil@ifrance.com.


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