Pour présenter à la plèbe son dernier numéro, dont nous avons parlé dans la précédente émission, le grinçant petit canard francilien Le Chiffon a invité Nicolas Lambert, auteur et dramaturge, qui depuis 20 ans réinvente le théâtre documentaire. Le 16 janvier nous étions au théâtre du Chariot, dans le 20eme, un nouveau lieu parisien du spectacle vivant.
Après sa trilogie sur les trois mamelles de la République - le pétrole, le nucléaire et l’armée (Bleu banc rouge - l’A-démocratie, édité dans un coffret aux Éditions L’Échappée), depuis 2024 c’est le passé et le présent colonial français qui en prend pour son grade dans son récit La France, Empire - un secret de famille national, actuellement en tournée et les samedis au théâtre de Belleville.
Il y a trois séquences dans l’émission. Après la première qui raconte son parcours, on rediffuse un extrait de son premier opus, Elf, la pompe Afrique, où il reconstitue des audiences des procès de la caisse noire d’Elf Aquitaine (l’ancêtre de Total Énergies) qui se sont déroulé au palais de justice de Paris entre 2001 et 2005.
Pour ouvrir la 3eme séquence, Nicolas a choisi la musique : le morceau "Casablanca", interprété en mars 1966 par Guy Marchand, qui a fait son service militaire en Algérie et a même rejoint la Légion étrangère. Cette chanson (nous n’avons pas trouvé l’auteur du texte...) fleure bon le sable chaud de la coercition coloniale, et surtout masculine ("tes rues chaudes et ta foule grouillante", "l’amour nous appelle devant chaque maison")... Dans la France, Empire, il est question justement du viol comme arme de guerre, et de la paix des braves encadré par la prostitution d’État, et à Casablanca il y avait le plus gros bordel jamais construit, Bouzbir, où les plus jeunes avaient 12 ans...
Nicolas Lambert raconte tout ça, sans se la raconter — avec des interventions du public et les modérateurices du Chiffon (Coline et Valentin).
– Écouter l’émission (1h26)
— - musique de fin, Rachid Taha ! —







