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Mathieu Rigouste : « Les empires s’épuisent avant les peuples »
15 juillet, par Pauline Laplace — Simon EcaryDans son dernier livre, La guerre globale contre les peuples – Mécanique impériale de l'ordre sécuritaire (La Fabrique, 2025) Mathieu Rigouste, chercheur en sciences sociales et militant, nous embarque dans une histoire moderne de la contre-insurrection. Face aux régimes et leurs innovations sécuritaires, les peuples, qui savent ce qu'ils veulent, gagnent du terrain. Entretien.
Depuis 20 ans, Mathieu Rigouste, militant et chercheur en sciences sociales, cartographie les rouages de la machine sécuritaire. Ses travaux portent « sur l'évolution des armées et des polices, des prisons et des frontières, des formes de savoir-pouvoir et tout ce qui leur résiste dans le monde contemporain », explique-t-il sur son site. À travers ses livres et ses films, il a montré, entre autres, comment les guerres coloniales ont servi de laboratoire pour élaborer les techniques de répression des peuples qui, de leur côté, se révoltent (L'Ennemi intérieur : La Généalogie coloniale et militaire de l'ordre sécuritaire dans la France contemporaine ; Un seul héros, le peuple). Il s'est également immergé parmi les businessmen de la sécurité intérieure (Les Marchands de peur : La Bande à Bauer et l'idéologie sécuritaire ; La Police du futur : Le Marché de la violence et ce qui lui résiste ; Nous sommes des champs de bataille). Sa dernière enquête, La guerre globale contre les peuples – Mécanique impériale de l'ordre sécuritaire (La Fabrique, 2025), apparaît comme une synthèse brillante de ses recherches. Mathieu Rigouste nous entraîne dans une histoire globale et moderne de la contre-insurrection. Analysant une centaine de traités militaires, soulevant chaque pierre posée par les bras armés des classes dominantes, il retrace, en creux, le chemin emprunté par les damnés de la terre qui ne cessent, face aux violences qu'on leur inflige, de rebondir, de s'organiser, de se révolter et de faire peuple.
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Le concept de « mécanique impériale » est au cœur de ton livre, est-ce que tu peux nous en donner ta définition ?
« Les grenades de désencerclement ont été utilisées par la France en Algérie avant d'être réimportées pour le maintien de l'ordre métropolitain »« C'est l'un des principes qui assurent la reproduction de la modernité capitaliste. Il désigne les allers-retours et les réverbérations de dispositifs de pouvoir, entre périphéries coloniales et métropoles impérialistes. Des savoir-faire en termes de contrôle, de surveillance, de répression, de guerre, de police, d'enfermement, des armes et des technologies, mais aussi des réseaux humains (administrateurs, officiers, policiers, urbanistes, politiciens, etc.) sont exportés, expérimentés et normalisés dans les périphéries coloniales. Les dominations coloniales servent ensuite de malles à outils dans lesquelles les métropoles impérialistes vont puiser lorsqu'elles sont confrontées à des crises. »
Est-ce que tu peux nous donner quelques exemples concrets de ces « réverbérations » ?
« La police, par exemple, n'est pas uniquement un système de maintien de l'ordre bourgeois. Elle repose aussi sur l'histoire des milices esclavagistes. Autre exemple : les grenades de désencerclement ont été utilisées par la France en Algérie avant d'être réimportées pour le maintien de l'ordre métropolitain. Idem pour les Flash-Balls qui ont été d'abord testés par Israël en Palestine occupée ou par la Grande-Bretagne en Irlande du Nord. Cette histoire vaut aussi pour les bombardements aériens : c'est un avion italien qui lâche la première bombe de l'histoire sur un campement de civils en Lybie en 1911. Ou bien encore : quand il a fallu écraser les soulèvements ouvriers du XIXe siècle en France, on a fait revenir les généraux qui avaient commis des massacres en Algérie. Ils appelaient le peuple insurgé de la Commune des “bédouins”, les comparaient aux colonisés et utilisaient sur eux des méthodes de guerre coloniale. En faisant une socio-histoire globale de la guerre, du contrôle, de la surveillance, de la répression et de l'enfermement depuis le point de vue des opprimés, on se rend compte que cette dynamique d'aller-retour est permanente. C'est elle qui permet au capitalisme globalisé de se rétablir face à tout ce qui lui résiste. »
Tu utilises le terme de « peuples ». Les classes dominantes, afin de légitimer leur violence, convoquent un autre vocabulaire (sauvages, subversifs, terroristes, etc.) Est-ce que tu peux nous parler du choix de ces termes ?
« Dans les manuels de contre-insurrection, ils ne parlent jamais de l'usage du viol comme arme de guerre ni des tortures ou des disparitions en masse »« Quand je parle de peuples, c'est au sens de classes populaires et pas au sens nationaliste. C'est aussi dans le sens de “faire peuple”, c'est-à-dire pour désigner des processus par lesquels se forme un corps commun au cœur des mouvements révolutionnaires. Le peuple au sens de classe populaire cheminant vers une émancipation collective. Dans les doctrines de contre-insurrection, par contre, les auteurs pointent “la population” comme une entité, souvent féminisée, décrite comme hystérique, apolitique, source de tous les maux et abritant un ennemi intérieur manipulé depuis l'extérieur. Dans le registre colonial, il y a toujours une sorte de criminalisation qui va avec la bestialisation, soutenant des imaginaires qui justifient la mise à mort de masse. »
Tu t'es appuyé sur une centaine de manuels, doctrines et traités de contre-insurrection. On voit qu'à travers les époques, leurs auteurs radotent, tant dans les idées qu'ils défendent que dans certaines techniques utilisées...
« Ils se mettent en scène comme des experts qui auraient découvert la bonne manière d'en finir définitivement avec les insurrections et on voit bien que ça ne marche pas ! Il y a beaucoup de choses qu'ils passent sous silence dans ces textes. Ils ne parlent jamais de l'usage du viol comme arme de guerre ni des tortures ou des disparitions en masse, qui sont systématiques. Par contre, ils détaillent l'usage des méthodes guerrières contre les civils, les déplacements de population, des internements de masse, la propagande et le pouvoir militaire. Ils décrivent aussi la façon dont ils mettent en place des dynamiques supplétives, c'est-à-dire l'utilisation de milices mercenaires qui sont capturées ou formées parmi les classes dominées et qui leur servent d'intermédiaires. Surtout, leurs techniques sont toujours adossées aux technologies de l'époque. La poudre, les fusils, les canons dans les premiers temps. Puis arrive le barbelé, les bombardements, les blindés. Aujourd'hui, c'est le pouvoir algorithmique, l'intelligence artificielle. À travers des logiciels de ciblage par IA comme Lavender ou Habsora, Israël automatise et accélère la guerre génocidaire en Palestine occupée. La destruction des Palestiniens constitue ainsi un terrain d'essai et une vitrine pour une nouvelle marchandise au service de la contre-insurrection globale. »
Justement, on assiste à un déploiement de forces considérables par l'État d'Israël et ses alliés. Mais aussi à une grande résistance des peuples du monde entier qui clament leur soutien aux Palestiniens. Ça fait écho à ce que tu écris dans tes dernières lignes : « aucun pouvoir n'est tout puissant et les empires s'épuisent avant les peuples ». Est-ce que tu peux développer ?
« Dans les interstices des mécaniques de domination, on voit qu'en permanence, les dominés, dès qu'ils le peuvent, conspirent, se réorganisent, mettent en place des rapports d'entraide et de solidarité qui leur permettent de reconstruire des oppositions, des résistances et de pouvoir un jour contre-attaquer. Assez régulièrement, il y a des victoires, même partielles. Il y a aussi des Grands Soirs. Il faut aussi regarder l'histoire sous l'angle de résistances collectives qui se réinventent continuellement face au pouvoir. La contre-insurrection s'épuise face à la détermination des opprimés à lutter pour exister et se libérer. C'est ce que le peuple palestinien appelle le sumud, (l'esprit de la résistance). Quand on fait cette socio-histoire globale, sur le temps long, on se rend compte que la grande majorité des puissances impérialistes (et on pourrait dire ça des systèmes de domination en général) ne sont pas des structures absolues. Ces configurations de pouvoir n'ont que quelques siècles. À l'échelle de l'histoire humaine, c'est ridicule. Et l'immense majorité des systèmes d'oppression finissent par être renversés grâce à la persévérance des opprimés. Cela devrait guider nos perspectives de lutte et nourrir l'espoir. Rappelons-nous que notre détermination à constamment réorganiser nos luttes tout en construisant nos solidarités par delà les frontières constituent les chemins les plus sûrs vers nos libérations réciproques. »
Propos recueillis par Pauline Laplace -
Bouffer de la culture, ça ne fait pas grossir
15 juillet, par Thelma Susbielle — BouquinAvec Manger, Eleonore Marchal explore les troubles du comportement alimentaire à travers un récit intime et déjanté. Une BD foisonnante qui raconte l'évolution d'une maladie de plus en plus répandue, mais aussi, l'espoir d'une guérison sous les auspices d'un monde créatif chatoyant.
« Je vous prie de ne pas prendre ce que vous allez lire comme une autobiographie. » Dès l'ouverture de Manger (Cambourakis, 2024), Eleonore Marchal brouille les pistes. À travers « Miss », héroïne-enfant qui court pour maigrir pendant que les autres jouent, l'autrice raconte l'installation insidieuse de ses troubles du comportement alimentaire. Les nuages ont la forme de pizzas et de donuts, tandis que les repas de famille sont truffés d'humiliations : « C'est bien que tu portes du noir, ça t'amincit. » La mère, figure impitoyable au physique de Jabba le Hutt1, laisse ses mots empoisonner le corps et les pensées de sa fille. Miss tombe dans l'anorexie puis la boulimie. Et avec elles, dans une spirale de honte et d'isolement. Pourtant, la jeune fille n'arrête pas de rêver. Pour elle, la peinture, la création, les images sont des refuges, des recours pour s'échapper. Au fil du temps, elle claque la porte de ce foyer toxique et les choses évoluent. Elle brise le silence autour de sa maladie. Elle crée, danse, aime : bref, elle vit. Jusqu'au jour où, tout simplement, « c'est fini ». Enfin. Si Manger traite frontalement de l'anorexie et de la boulimie, Eleonore Marchal refuse le misérabilisme comme le naturalisme. Son trait explose les carcans : corps élastiques, êtres chimériques, planches saturées de couleurs et de détails. Le récit est grave, mais le dessin est sucré, ludique, riche. Comme si toutes les calories qu'elle s'était refusées reparaissaient dans les dessins. Un régal !
Tout aussi savoureuse, la narration navigue entre souvenirs, rêveries et introspections : les personnages sont parfois minuscules, parfois géants ; le père est un cheval, les copines des icônes intemporelles (Blanche-Neige, Rebelle, Véra, Kiki la petite sorcière…). À travers ce prisme poétique, l'autrice dit aussi comment on se nourrit de culture et de fiction. Manger ne délivre pas de « leçon » mais propose une traversée, de la souffrance au soulagement, sans rupture nette. Le ciel, les nuages et la lune veillent sur Miss, et le dessin devient peu à peu une manière de se réconcilier avec soi, hors du contrôle et du jugement.
Thelma Susbielle
1 Personnage de Star Wars en forme de gros alien.
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Réquisition : la solution ?
14 juillet, par Niel Kadereit — Anne LoèveDes milliers de personnes à la rue à Marseille et tout autant de logements vides. Face à cette situation absurde, un collectif d'élu·es, d'associations et d'organisations politiques exige du maire qu'il exerce son pouvoir de réquisition. Simple mesure d'urgence ou prémices de l'abolition de la propriété privée lucrative ?
Parmi la flopée d'activités possibles, un samedi après-midi ensoleillé à Marseille, CQFD s'est rendu le 3 mai dernier dans les locaux de la Fédération des Bouches-du-Rhône du Parti communiste français (PCF). Plusieurs dizaines d'autres personnes, pour la plupart dans la fleur de l'âge, avaient fait le même choix. Le Parti de la gauche européenne (PGE), dont fait partie le PCF et qui compte une petite quinzaine d'élus au Parlement européen, y organisait une table ronde sur le droit au logement.
Les réquisitions municipales sont soumises à la double condition de l'existence d'une situation d'urgence et d'un trouble à l'ordre public lié au manque de logementL'occasion pour Sophie Camard, maire du 1er et du 7e arrondissement et conseillère municipale au sein de la majorité, de venir se gargariser de « tout ce qui a été mis en place ». « États généraux du logement », « direction du logement », « charte du relogement », « travaux de voirie », « réhabilitation », bref un « travail de titan », résume-t-elle modestement. Pourtant ici à Marseille, entre 15 et 20 000 logements sont vides depuis plus de deux ans, et plus de 16 000 personnes se sont retrouvées à la rue au cours de l'année dernière. Alors dans la salle, l'exercice de communication parfaitement maîtrisé de Sophie Camard n'a pas convaincu tout le monde. À deux reprises, des petits trublions lui demandent si la mairie ne dispose pas d'outils plus « coercitifs » et notamment d'un droit de « réquisition ». Un mot à ne visiblement pas prononcer devant l'élue qui troque son sourire contre une exaspération non feinte : « On n'attend pas la réquisition, qui est très longue et très compliquée, pour pouvoir maîtriser des immeubles, ce n'est pas forcément le chemin qu'il faut prendre, même s'il est soi-disant le plus radical. »
Une promesse de campagnePrendre au sérieux la promesse de campagne du Printemps marseillais d'« identifier, remettre en location ou aider à la remise en location des logements vides, sous peine de mise en œuvre des procédures légales de réquisition »Si la tête de liste du Printemps marseillais s'emporte ainsi, c'est que depuis cinq mois le Collectif Réquisition, composé d'élu·es municipaux et d'associations réclame de la mairie la réquisition des bâtiments vides pour mettre à l'abri des personnes. Quelques écolos, des Insoumis, des autonomes et des militant·es associatifs ont ainsi pris au sérieux la promesse de campagne du Printemps marseillais d'« identifier, remettre en location ou aider à la remise en location des logements vides, sous peine de mise en œuvre des procédures légales de réquisition ». Une élection remportée et cinq années de mandat plus tard, la mesure ne fait plus du tout partie du programme du maire Benoît Payan. « La mise en œuvre de la réquisition ne constitue pas […] une solution évidente qui permettrait de loger dignement les Marseillaises et les Marseillais », écrivait-il en février 2025 dans un courrier adressé au Collectif Réquisition. Pour lui forcer la main, les militant·es ont bien conscience qu'ils et elles ne pourront pas se contenter de traditionnelles manifestations. « Il faudra que l'on aille jusqu'à occuper nous-même un bâtiment vide, sans cela le maire ne bougera pas », affirme Aïcha Guedjali, conseillère municipale déléguée à la lutte contre l'habitat insalubre et membre du collectif. Comme un premier pas, le 20 juin dernier, le Collectif Réquisition organise une action symbolique : au moment où se tient le conseil municipal, iels ouvrent un immense bâtiment vide depuis plusieurs années, situé au 62 rue de la République, pour en exiger la réquisition. Il appartient au bailleur social Unicil et à un fonds de pension, la SCI Marseille City. L'événement, bon enfant et qui ne visait pas, faute de moyens humains, à occuper durablement le lieu, a été écourté par la maréchaussée, peu encline à célébrer cet éphémère moment de réappropriation de la ville par ses habitant·es. Histoire de rappeler à tout ce petit monde qu'en France, la propriété privée, c'est sacré, plusieurs militant·es sont emmené·es au poste, et une, jusque devant le juge.
Une mesure très encadréeEn octobre 1945, pour faire face à la pénurie de logements causée par la Seconde Guerre mondiale, le Général de Gaulle promulgue une ordonnance qui permet à l'État et à ses préfets de réquisitionner des bâtiments vides pour loger des populations civiles en difficulté. Dans l'immédiat de l'après-guerre, ce sont plusieurs milliers de logements qui sont réquisitionnés. Après une nouvelle campagne de réquisition menée sous Jacques Chirac en 1995, une deuxième loi vient compléter l'ordonnance de 1945. Désormais, le préfet de département a la possibilité de désigner un attributaire, c'est-à-dire une structure intermédiaire qui prend en charge les travaux, la désignation du locataire et perçoit les loyers1.
« Si on ne met pas en place un rapport de force pour rendre effectif le droit au logement, on n'y arrivera pas »De l'actuel préfet des Bouches-du-Rhône Georges-François Leclerc, qui partage avec Darmanin une grande proximité idéologique et (in)humaine, le Collectif Réquisition n'attend pas grand-chose. C'est pourquoi ils et elles ont plutôt choisi de concentrer leurs efforts sur Benoît Payan, dont le pouvoir d'expropriation est pourtant beaucoup plus restreint que celui du préfet. En effet, les réquisitions municipales sont soumises à la double condition de l'existence d'une situation d'urgence et d'un trouble à l'ordre public lié au manque de logements. Or, la caractérisation de ces deux notions est laissée à l'appréciation du maire, d'abord, mais surtout, en dernière instance, à celle du juge lorsqu'il est saisi pour contester l'arrêté de réquisition. Et en la matière, une décision a laissé des marques. En 2018, à Montreuil, lorsque le maire décide de saisir des bureaux vides appartenant à l'État pour loger des travailleurs immigrés, la justice s'est alors empressée, sur demande du préfet, de casser l'arrêté municipal et d'ordonner l'évacuation des locaux. Ironiquement, la juge a alors considéré que c'était plutôt « l'occupation des locaux réquisitionnés [qui] porte atteinte à l'ordre public ». Les chats échaudés craignent l'eau froide, les maires les défaites au tribunal.
En finir avec le logement comme renteAlors pourquoi tout ce bazar auprès du maire si l'on sait déjà que, dans tous les cas, le préfet et les tribunaux ne vont pas laisser faire ? « Déjà parce cela permettrait de remettre le sujet dans le débat public et de loger des personnes à la rue pendant quelques mois, le temps que l'expulsion soit effective », répond Aïcha Guedjali, l'une des rares élues au sein de la majorité municipale à soutenir la réquisition. « Ensuite parce que ce serait l'occasion d'engager un bras de fer avec l'État sur cette question. Si on ne met pas en place un rapport de force pour rendre effectif le droit au logement, on n'y arrivera pas. Nous ce que l'on veut, c'est qu'un peu partout en France, les maires utilisent cet outil2. » En jeu, le renversement de la hiérarchie entre le droit sacralisé de la propriété privée et celui piétiné du droit au logement. « Imaginez que la mairie réquisitionne un bâtiment qui appartient à un fonds de pension américain spéculant depuis des années sur le logement en gardant des immeubles vides. Cela donnerait un signal très fort aux gens qu'ils ont le droit d'avoir un toit et ce serait une mise en garde aux autres spéculateurs », se projette Francesca, militante au sein du Collectif Réquisition. Dans le fond, ce qu'elle espère, c'est « ouvrir la possibilité de sortir le logement du domaine de la propriété privée lucrative ». Une urgence, alors que le nombre de personnes sans domicile a doublé depuis 2010 en Europe sous l'effet conjoint des crises, du déclin de l'État providence et de la financiarisation du marché de l'immobilier.
Niel Kadereit
1 La durée de la réquisition ne peut excéder les douze ans et le propriétaire a ensuite la garantie de retrouver son bâtiment. Souvent rénové en prime. On est donc bien loin de l'expropriation ou de la collectivisation.
2 En mai dernier, le maire écolo Éric Piolle a annoncé son intention de réquisitionner des logements vacants si la préfète de l'Isère n'usait pas de son pouvoir de réquisition.
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