Ceux qui sont pour :
Bien évidemment, c’est l’argument sécuritaire qui est mis en avant : « les délinquants réfléchiront à deux fois avant de passer à l’action », ou bien « s’il y avait eu des caméras, je n’aurais pas été agressé » Si on leur oppose que filmer en permanence toute la population pour essayer d’éviter les agissements de quelques-uns n’est peut-être pas la meilleure solution, ils vous renvoient l’argument imparable : « et si c’était votre fille qui s’était fait violer ? » Bref, entre ceux qui sont sincèrement persuadés que la vidéo surveillance est une réponse à la délinquance, et les tenants démagogues du tout sécuritaire, les « pour » sont nombreux.
ceux qui s’en foutent.
Principal thème : « je m’en fous parce que je n’ai rien à me reprocher ». Curieux argument, car si on l’inverse, ils ne s’en foutraient pas s’ils avaient quelque chose à se reprocher. Il pensent donc que les caméras ne gênent que ceux qui ont des choses à se reprocher. Et qui donc a des choses à se reprocher ? Les délinquants qui fomentent un mauvais coup ! On peut donc classer « ceux qui s’en foutent » dans « ceux qui sont pour ». Ils sont juste un peu faux-culs, en plus.
En résumé : nous sommes déjà tous surveillés par nos téléphones portables, nos cartes bancaires, etc… et ça n’est pas quelques caméras en plus qui vont changer grand chose. Pragmatisme électoral ou résignation dangereuse ?
Ce qui peut être (techniquement) fait sera fait. Indépendamment de toute règle éthique : la technique n’a pas de morale. Des logiciels de reconnaissance faciale peuvent comparer un individu dans la foule à une base de données, d’autres lisent sur les lèvres pour détecter les mots « drogue », « bombe », etc…, d’autres analysent le mouvement pour détecter comportements agressifs ou suspects, l’imagination n’a pas de limites. A ce rythme, « 1984 » en deviendra un paradis.
Les caméras ne vous protègent pas, elles facilitent simplement la répression (quand elles fonctionnent, ce qui n’est pas toujours le cas, loin s’en faut). Et elles ne sont pas dissuasives dans bien des cas, comme l’a montré l’assassinat de Joe Van Holsbeeck à Bruxelles (entre autre) en avril dernier. La « protection » dont vous pensez peut-être bénéficier est par conséquent largement illusoire.
Les caméras participent à une dynamique générale de transformation de tous les problèmes sociaux en problèmes sécuritaires. Elles s’inscrivent dans la logique de la « tolérance zéro » selon laquelle tout délit, même le plus mineur, doit faire l’objet d’une réponse répressive immédiate et dure de la part des pouvoirs publics.
Les caméras constituent, si elles sont mal utilisées, un véritable instrument de contrôle totalitaire d’une société. Or le contrôle démocratique de l’usage de ces caméras est parfaitement insuffisant en l’état. On nous dit que les bandes vidéos sont détruites après 72 heures mais qu’est-ce qui nous le garantit ? On nous dit que les bandes ne seront utilisées que pour certains objectifs précis, mais qu’est-ce qui nous le prouve ? Il n’existe aucune structure de contrôle indépendante, à laquelle les citoyens pourraient s’adresser, pour contrôler l’usage qui est fait des images prises par les caméras. Même le conseil communal n’a pas les moyens d’un contrôle effectif sur l’usage qui est fait de ces caméras.
Les caméras instaurent un rapport malsain entre les citoyens et les autorités publiques, basé sur le soupçon et la présomption de culpabilité. Elles modifient les principes sur lesquels sont basés la vie en commun : ce n’est plus la confiance et la responsabilité civile qui priment, mais le contrôle social et policier.
Les caméras donnent un sentiment très désagréable d’être surveillé en permanence. Même les gens qui n’ont rien à se reprocher ont des choses à cacher.
Une société « transparente » est une société invivable !!
Le droit à la vie privée est un droit fondamental qui n’a pas à être justifié. Il est inacceptable que des autorités soit disant légitime disposent des moyens techniques de prendre des photos de nous... dès lors que nous les rencontrons dans l’espace public.
On peu égallement faire référence au plan echelon décrit par Duncan Campbell. (renseignez-vous)
que penser des drone de surveillance ?
que penser de la police du ciel (par hélicopter, sisi !) à Londres ? ça vous rappelle pas un bouquin ?
voir ici
et pour conclure, car l’argent n’est pas qu’un rêve de racaille sarkozienne :
1.175.000 euro (plus de 7 millions de francs) d’investissement officiellement. Mais Il ne suffit pas de filmer, il faut aussi du personnel pour regarder les images 24h/24 et entretenir le système. Quel sera le budget de fonctionnement ? Pas un mot sur le sujet !
je pense que tout ça finira bien car j’ai confiance en l’humain ahah !