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Nos corps, leur guerre
1er mai, par Thelma Susbielle — CultureDans le roman Mexico Médée, Dahlia de la Cerda dépeint une région du Mexique où personne n'échappe au narcotrafic. Pour les femmes, le choix de devenir mère, ou non, devient un acte de résistance. Et c'est la sorcière Médée qui déboule pour les accompagner. Une fiction polyphonique qui propose une relecture moderne et féministe d'une figure mythique.
Il y a celles qui refusent de donner la vie. Et celles qui deviennent mères malgré tout. À San Judas, village aux mains de narcotrafiquants, les femmes font face à la violence et la mort qui touchent leurs enfants, leurs frères, leurs compagnons… Chaque chapitre de Mexico Médée de Dahlia de la Cerda (Éditions du sous-sol, 2026) donne à entendre une voix et son histoire liée à la maternité et la mort. Ces femmes veulent mettre un terme à des grossesses pour des raisons différentes. Et c'est Médée, une demi-déesse d'une trentaine d'années qui les aide à avorter. Elle débarque en voiture tunée, serpents peints sur la carrosserie, et prépare ses décoctions en psalmodiant. L'autre fil rouge : le narcotrafic qui met la maternité à l'épreuve. Paulina, enceinte, ne veut pas garder l'enfant car son mec, un narcotrafiquant, a disparu depuis des semaines... Son père, lui, est flic. « Tous les deux vous butez des gens », balance la jeune femme. Même violence, même virilité.
Dahlia de la Cerda procède à la relecture d'un mythe : ici, Médée est loin de la sorcière infanticide diabolisée par le patriarcat. Celle qui a été initiée à la magie par Circée devient une alliée des femmes, des mères, et de celles qui refusent de l'être. Une figure de soin rebelle. Mexico Médée n'est jamais misérabiliste. Son autrice n'excuse rien et ne juge pas, elle met en lumière les oubliées d'un système qui détruit tout. Un système qui exploite les enfants et pour qui « tuer, ça devient normal ». Des gamins recrutés par les cartels qui meurent parfois avant même d'être majeurs. Et au milieu de cette violence, les femmes, elles, doivent décider : devenir mère ou non ? Pour Antonia, le choix est fait : sa maternité sera un acte de résistance, elle tentera d'élever ce bébé à pénis en féministe. Reina, elle, part chercher le corps de son fils, comme une Antigone moderne : « On va ramener nos enfants à la maison, morts ou vifs. » La seule justice ? « Je crois en la justice des mères. »
Ces destins, qui pourraient n'être que des trajectoires individuelles, deviennent une mécanique structurelle. Mais l'écriture de Dahlia de la Cerda nous plonge dans la réflexion intime de chacun et crée de l'empathie. Et puis il y a la langue, brute et orale. Une prose poétique capable de dire « l'horreur qu'aucune tragédie grecque ne peut métaphoriser », mais aussi « des fleurs au milieu de la pourriture ». À la fin, le récit devient chant. Mention spéciale à la traduction de Lise Belperron, qui restitue une langue vivante, nerveuse, traversée d'espagnol, d'argot et de musique. Un livre qui rappelle que, dans certains territoires, enfanter, avorter et enterrer ses morts est déjà une lutte.
Thelma Susbielle -
Pour la sécurité des travailleurs
1er mai, par La Sellette — Chronique judiciaireEn comparution immédiate, on traite à la chaîne la petite délinquance urbaine, on entend souvent les mots « vol » et « stupéfiants », on ne parle pas toujours français et on finit la plupart du temps en prison. Une justice expéditive dont cette chronique livre un instantané.
Toulouse, chambre des comparutions immédiates, mars 2026Les gendarmes ont contrôlé Mickaël T. après l'avoir vu téléphoner sur un scooter. La présidente résume les faits : « Le test salivaire est positif au cannabis et à la cocaïne et vous avez sur vous un pochon de 0,16 gramme d'herbe. » Le prévenu comparaît donc pour conduite sous stupéfiant, en récidive parce qu'il a été condamné pour des faits similaires en mars 2025. Il est d'ailleurs sorti de prison en janvier et exécute la fin de sa peine sous bracelet électronique. À quatre reprises, la présidente lui demande pourquoi il a pris ce scooter, étant donné sa situation judiciaire. Le prévenu répond invariablement qu'il devait aller au travail, et qu'il sait bien qu'il a un problème d'addiction : « Je veux faire une cure. J'ai contacté l'association Clémence Isaure. J'ai un rendez-vous dans deux mois, mais pas avant. — C'est une chose de demander à une association, mais avez-vous essayé des choses par vous-même ? Est-ce que vous avez essayé d'arrêter ? — C'est une maladie, la toxicomanie. Je m'en sors pas. — Vous êtes pourtant dans une situation qui permet d'envisager l'avenir : vous avez un CDI, vous gagnez 1 600 euros par mois, vous avez un enfant de cinq ans, vous êtes manutentionnaire. Si vous avez besoin de trouver une cure, vous pouvez vous adresser au service pénitentiaire d'insertion et de probation. Ils servent à ça. — J'ai demandé ! C'est eux qui m'ont orienté vers l'association Clémence Isaure. » Le procureur rappelle qu'il y a quinze mentions sur son casier et que la plupart sont des infractions routières : « Il est dangereux dans une voiture, dangereux sur un scooter. Ce qui m'a frappé aussi, c'est qu'il va au travail en ayant consommé de la drogue ! Alors qu'il est manutentionnaire ! Les accidents du travail sont de plus en plus fréquents à cause de la consommation de stupéfiants des travailleurs, notamment dans les boulots manuels, par exemple dans le BTP. » Et, pour que personne ne pense qu'il dit n'importe quoi, il ajoute : « Il y a beaucoup d'articles là-dessus » ; puis demande six mois de prison avec maintien en détention et 200 euros pour avoir téléphoné en conduisant. L'avocat de Mickaël T. demande à ce que la peine soit exécutée sous bracelet : « Je rappelle que, sauf circonstances exceptionnelles, les peines de six mois ne doivent pas être mises à exécution. Il travaille, il a trouvé un logement, il reconnaît qu'il a un problème et qu'il est toxicomane, il fait des démarches ! C'est plus utile pour lui et pour la société de lui permettre de se soigner que de l'enfermer. » Il indique qu'en Espagne, la même infraction serait punie d'une peine d'amende. Quand le tribunal se retire pour délibérer, la compagne du prévenu, en larmes, se précipite vers le box, mais elle est repoussée par le policier chargé de la sécurité. Le tribunal revient et condamne Mickaël T. à huit mois de prison avec maintien en détention – auxquels s'ajouteront les cinq mois de la peine précédente, l'aménagement sous forme de bracelet électronique ayant été révoqué. Sa compagne se lève, lui lance « je t'aime » et sort de la salle.
Par la Sellette -
Somebody got murdered
25 avril, par Lluno — Chronique carcéraleLuno intervient bénévolement en prison. Chaque mois, il livre ici un regard oblique sur la taule et ses rouages par quelqu'un qui y passe mais n'y dort pas. Ce mois-ci, la mort aux trousses.
Retourner à la prison après une longue absence nécessite souvent de me botter le cul. J'ai beau être convaincu de ce que j'y fais, la flemme m'envahit : flemme des hauts murs, flemme des matons, des faux sourires et de la violence qui suinte de partout. À chaque fois, il s'agit de reconstruire cette sorte de carapace qui me permet d'évoluer en milieu carcéral sans trop me faire défoncer par ce que j'y vois.
Rentrée de septembre. J'essaie d'apporter avec moi l'énergie accumulée pendant les vacances. Je me sens en pleine forme. La météo estivale m'enjaille et quand je tombe sur une flopée de gros moutons en train de ruminer langoureusement les pâquerettes des « abords »1, mon cœur fond. Est-ce que même la taule serait moins pénible au soleil ?
Une voiture est parquée devant l'entrée, genre petit monospace plein à craquer. Un surveillant aide deux civils à charger les derniers cartons. Je les salue en passant et me réjouis intérieurement de cette vision inhabituelle : un jeune vient d'être libéré, son père – frère ? Cousin ? – est venu l'accueillir à la sortie, un agent leur prête main forte. Dans le sas d'entrée, je suis bientôt rejoint par ce surveillant, un homme rond et serviable que je côtoie régulièrement parce qu'il officie comme remplaçant à différents postes de la maison d'arrêt.
« Une libération ?
– Non, un décès. Suicide. On l'a retrouvé samedi dans sa cellule. »
Je reste pétrifié et relis la scène avec horreur. J'ai envie de m'enfuir, de m'excuser auprès d'eux. Le surveillant s'en est déjà allé. Il doit effectuer je ne sais quelle tâche administrative absurde qui constitue la suite de sa journée.
Le suicide n'est pas un drame en prison. C'est tout au plus un aléa prévisible qui génère des rapports et des commissions de prévention, mais rarement une réelle prise en charge. « Vulnérabilité et dangerosité produisent une préoccupation institutionnelle similaire : toutes deux sont susceptibles de venir perturber l'ordre carcéral », expliquent le psychiatre Thomas Fovet et la sociologue Camille Lancevelée dans La prison pour asile2 ? Avec une telle logique, celui ou celle qui se coupe les veines a plus de chance de finir au mitard qu'en unité de soins psychiatriques.
Entre les deux, il y a les cellules de protection d'urgence – joliment baptisées CProU ou « cellules lisses » dans le lexique pété de l'administration. C'est le rejeton de ce que la taule et l'HP savent faire de plus moche : 8 m2 garantis « sans point d'accroche » avec du mobilier scellé au sol et du plexiglas sale boulonné autour de la télé et de la fenêtre. Le détenu qui s'y trouve placé est généralement doté en prime de vêtements en papier et d'une couverture en plastique : de quoi bader bien tranquillement pendant les 24 heures qui suivent sa tentative de suicide.
Fin de la journée. J'ai entendu parler de trois agressions entre prisonniers, dont une à l'huile bouillante, et une matonne m'a dit à propos des détenus qu'ils étaient « pire que des gosses ». Dehors, le soleil a disparu et ma joie avec.
Luno
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Films de poulettes politisées
25 avril, par Sonia Condesse — Marina Margarina, Culture
La puérilité ne devrait pas être déduite d'un goût pour la danse ou les vampires. Dans sa vidéo « Chick flicks & Dirty dancing : bien plus que des films de meufs », la chaîne YouTube Random essais montre que la réputation futile du cinéma dit féminin n'est pas le reflet de la qualité de ses œuvres, mais du regard misogyne porté sur elles.
Est-ce que vous aimez le rose ? Pour beaucoup de jeunes filles féministes, c'était presque la honte d'avoir un goût pour cette couleur, d'office associée au girly, à des têtes à coiffer, à des frivolités dénuées de tout intérêt. De cette misogynie culturelle, la chaîne YouTube Random essais en parle dans son épisode « Chick flicks et Dirty dancing, bien plus que des films de meufs ».
Alors oui, on sait, à bas les GAFAM, Google au bûcher et YouTube au milieu. Mais quoi qu'on en dise, cette plateforme reste un moyen d'expression pour plein de créateur·ices, par ailleurs largement sous-rémunéré·es pour leur travail et l'argent qu'iels rapportent à la multinationale. Donc on soutient les prolétaires du numérique, et on visibilise les youtubeur·euses.
Et ce n'est pas comme si on faisait ici l'apologie du capitalisme et de son pote le patriarcat. Au contraire, la vidéo de Random essais tient un propos féministe intersectionnel, qui cherche à réhabiliter un genre stigmatisé jusque dans le nom qui le décrit : le chick flick (traduisez « film de poulette »). Un cinéma de meuf, des comédies où il est question d'émotions, de sentiments, parfois de romance. Dès son apparition dans les années 1970, il subit un mépris aussi important que ses performances au box-office. « L'histoire du chick flick montre que les films populaires auprès des femmes sont dévalorisés non pas malgré leur succès, mais précisément à cause de son public. » Par exemple selon la vidéaste, le discrédit jeté sur des films comme Twilight, saga vampirique culte des années 2010, tient davantage au jeune âge et à la féminité de ses fans qu'à des critiques constructives sur l'œuvre. Elle prolonge la réflexion en rendant justice à son film préféré, Dirty Dancing (celui de 1987), « qui prouve que les films de meufs peuvent être des œuvres engagées, subtiles, et qui méritent d'être prises au sérieux ». L'histoire n'est pas seulement celle d'une jeune femme qui se passionne pour la danse en même temps que pour son professeur musclé. La lutte des classes est au cœur de l'intrigue, et s'insinue dans les relations entre Johnny et Bébé. L'héroïne découvre les privilèges de sa propre position sociale.
Le titre de la chaîne prévient, il s'agit d'un essai. L'argumentation saute d'un film à un autre, en passant par une étude, un plateau télé ou une expérience personnelle. La voix off de la vidéaste glisse sur des images cinématographiques, s'interrompt au profit de scènes de films éloquentes. Le propos est convaincant, on en ressort avec une pointe d'amertume envers Timothée Chalamet, et l'envie de se plonger dans Confessions of a Shopaholic, Stella Dallas, ou toutes autres références de la culture populaire féminine trop souvent décrites à tort comme des « plaisirs coupables ».
Sonia -
Le « debanking » de la gauche allemande
25 avril, par Luc Schelm — BertoyasLe trumpisme toque aux portes de l'Europe et frappe au portefeuille. Suite à la classification de groupes de gauche comme « organisations terroristes » par Washington, des banques allemandes ont résilié les comptes de plusieurs mouvements. Le motif : entretenir des liens financiers avec des ennemis des USA.
En septembre 2025, quinze jours après l'assassinat du conspirationniste clérical Charles Kirk par un autre obscurantiste, Trump signe un décret dont l'intitulé a de quoi interloquer : « Désignation d'Antifa comme organisation terroriste intérieure ». Rapidement, la fermeture d'infrastructures financières de la gauche américaine, tel que l'International Anti-Fascist Defense Fund, un fonds de solidarité aux militants antifascistes, annonce la couleur. Sans délai, l'offensive saute les frontières américaines : quatre organisations européennes sont estampillées « Foreign Terrorist Organization » (FTO)1 par l'administration Trump, au même titre que le Hamas ou le Hezbollah. Leurs membres sont interdits des États-Unis, leurs biens sont gelés et on punira quiconque entretient des relations commerciales avec les intéressés.
Cette classification a très vite des répercussions bien au-delà des seuls groupes ciblés, notamment en Allemagne. Ainsi le Parti communiste allemand (DKP), client de la banque « éthique » GLS, voit son compte courant supprimé en fin d'année. La raison ? Le parti, qui venait de lancer une campagne de soutien à Cuba, soupçonne fortement que l'action ait « insécurisé » les argentiers. Puis, c'est au tour de l'Anarchist Black Cross de Dresde et de l'association d'antirépression Rote Hilfe, forte de 20 000 membres. Dernière charge en date : l'historique organisation antifasciste VVN BdA, visée par une résiliation de son compte à la Postbank, filiale de la puissantissime Deutsche Bank. Cette pratique, bien rodée, porte un nom : le debanking, ou le fait pour une banque de mettre fin à une relation commerciale avec un client jugé trop risqué.
Des virements antifascistes ?La Sparkasse de Göttingen et la banque GLS ont été les deux premiers établissements à dégainer. La raison invoquée ? Dans un premier temps, de vagues « adaptations réglementaires ». Mais Hartmut Brückner, porte-parole de la Rote Hilfe, pressentait déjà une autre raison : « Le classement de certains groupes comme terroriste par les États-Unis n'y est pas pour rien. » En Allemagne, l'« Antifa Ost » a été placé sur la liste rouge de l'administration Trump, bien qu'il ne s'agisse pas d'une organisation clairement identifiée, mais d'un nom apparu dans un contexte d'enquêtes et de procès visant des antifas de l'est du pays après des affrontements avec des néonazis. Or la Rote Hilfe aide financièrement les personnes incriminées et a même lancé, à l'été 2025, une campagne de solidarité « Wir sind alle Antifa » (« Nous sommes tous Antifa »). « Bien sûr, nous soutenons et soutiendrons les antifas poursuivis, c'est le but de notre asso ! » assume Hartmut Brückner, pour qui ce debanking relève d'« une ingérence considérable des États-Unis dans l'action politique et la société civile en Allemagne ». De son côté, Patrik Köbele le leader du DKP, interrogé par le quotidien Junge Welt, se montre peu surpris : les banques, dit-il, « se mettent aux services de ceux qui veulent interdire la solidarité, car il s'agit d'une arme – de notre arme ».
Pas de justice, pas de compteMi-janvier dernier, un premier procès en urgence a opposé la Rote Hilfe à la Sparkasse de Göttingen en Basse-Saxe. Pour argumenter ses mesures, la banque invoquait une « obligation de diligence accrue » et une possible « perte de réputation », confirmant au passage que l'affaire « Antifa Ost » était bien à l'origine de sa décision. Mais rien de tout ceci n'a su convaincre la présidence du tribunal qui a ordonné à la Sparkasse de continuer – pour l'instant – de mettre ses services à disposition de sa cliente de longue date. Des décisions politiques d'un pays tiers ne peuvent servir de base pour clôturer des comptes allemands, précise en substance les juges. Une première victoire en demi-teinte, puisque dans les délais, la banque a fait appel de cette décision.
Pas de BIC, pas de fric« Nous allons sûrement devoir recommencer à récolter de l'argent en cash », confie une membre de l'ABC Dresde au micro de Radio Dreyeckland, tandis que d'autres ironisent sur l'ouverture d'un compte aux îles Caïmans, à la recherche de « bonnes banques » pour leurs caisses anti-rep. Et de fait, l'étau se resserre. Les banques sont prises dans un réseau de dépendances dominées par les acteurs étasuniens avec lesquels nul ne peut risquer de se brouiller sérieusement. La crainte d'en être exclue après l'inscription de l'« Antifa Ost » sur la liste américaine des sanctions a d'ailleurs constitué l'un des arguments centraux de la Sparkasse lors du procès que lui a intenté la Rote Hilfe. À ce titre, un organisme tel que le système international de communication et de transaction SWIFT, bien que basé sur le sol européen, est un outil de pression manifeste. Car l'attribution d'un BIC, ou « code SWIFT », standard international pour identifier les institutions financières dans les transactions, est soumise à des règles strictes. Entre autres : ne pas soutenir des organisations terroristes. Et, dans le doute, Washington nous dira lesquelles.
Par Luc Schelm
1 Le label « terroriste » est attribué à l'« Antifa Ost » d'Allemagne, la Fédération anarchiste informelle FAI/FRI italienne et les deux groupes grecs Justice armée prolétaire et Autodéfense de la classe révolutionnaire.


