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Au sommaire du n°252 (en kiosque)
2 mai — Mathilde Paix, Sommaire
En cette ère de hausse des prix de l'énergie, où résonnent divers appels à l'électrification, au nucléaire, CQFD s'est pris la tête sur les meilleures et pires façons de faire tourner la machine. Jean-Baptiste Fressoz nous rappelle que le renouvelable n'enterre pas le fossile, Sébastien Navarro nous parle des déchets nucléaire à Malvési. Hors numéro, répression administrative : en Europe, où fleurissent les hubs de re-migration ; et plus spécifiquement au pays de l'amour, pour les internationaux qui souhaitent officialiser leur union. On parle aussi du projet de méga-canal dans les Hauts de France, et du décolonialisme difficile en Haïti.
Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archivés sur notre site progressivement, après la parution du prochain numéro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer votre marchand de journaux ou de vous abonner...
En couverture : « Mais où trouvent-ils toute celle énergie ? » par Mathilde Paix
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Mais où trouvent-ils toute cette énergie ?
– « Une énergie n'en remplace jamais une autre, elles croissent en symbiose » - Dans le livre Sans transition : une nouvelle histoire de l'énergie (Seuil, 2024), Jean-Baptiste Fressoz, historien des techniques, s'attaque au mythe de la transition énergétique, dénué de fondement historique. Entretien.
– Actualités d'une lutte passée en cours contre un futur sans avenir - Le 23 mars, la justice autorisait l'emploi de la force pour expulser « La Gare », près de Bure, lieu historique de la lutte antinucléaire, dans le cadre de l'avancée du projet d'enfouissement des déchets radioactifs, dit « Cigéo ». Sur place, les militant·es s'organisent pour résister. Tribune.
– Énergie verte et Montagne noire - Le Parc naturel régional du Haut-Languedoc est l'un des plus gros fournisseurs d'énergies renouvelables d'Occitanie. Et à l'heure de la réévaluation de sa charte, l'État pousse pour poursuivre son industrialisation. Transition énergétique oblige.
– Malvési, monstre toxique - Malvési est un site de traitement de l'uranium qui sévit depuis sept décennies, à deux pas de Narbonne. Une bombe toxique auquel le journaliste Sébastien Navarro, plume occasionnelle de CQFD, a consacré un ouvrage tout juste publié, Malvési. Entretien.
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Actualités d'ici & d'ailleurs
– Return hubs : sous-traiter l'expulsion - Après l'odieux Pacte européen sur la migration et l'asile, Bruxelles entend franchir un nouveau cap dans le harcèlement des personnes en migration. Son prochain outil : le « règlement retour ». Un texte qui propose de renvoyer des gens vers des pays dont ils n'ont pas la nationalité, dans lesquels ils ne sont probablement jamais allés et sans leur consentement.
– Mégacanal Seine-Nord Europe : 107 kilomètres d' aberrations - De Compiègne à Aubencheul-au-Bac, un mégacanal de 107 kilomètres veut faire se rejoindre la Seine et l'Escaut. Derrière des promesses d'écologie et de dynamisation du territoire, une démesure financière et environnementale qui inquiète associations environnementales, syndicats et habitant·es.
– « On a besoin d'un football autonome » - Face au far west qu'est le foot business, certain·es essaient de réinventer le sport le plus populaire du monde pour lui (re)donner ses lettres de noblesse. Entretien avec Mickaël Correia, un ex de la rédac de CQFD, à l'occasion de la sortie de Foot Manifesto, 15 propositions pour sauver le ballon rond (Divergences, 2026).
– « Les Haïtiens ne souhaitent pas juste un changement de régime » - D'où vient le malheur qui frappe Haïti ? Pour Frédéric Thomas, auteur de Haïti, briser le piège colonial, c'est la faute à la double domination des néocolons et de l'élite locale au détriment de la population haïtienne. Entretien.
– Sous le nuage, les mines - L'industrie de la donnée ne pourrait exister sans les filières mondialisées d'exploitation de métaux et de travailleurs. Le collectif technocritique Le « Nuage était sous nos pieds » le rappelait lors de rencontres contre les data centers organisées à Marseille au mois d'avril.
– Data centers : plus simple, plus vite - La loi de simplification de la vie économique a été définitivement adoptée le 15 avril dernier. Et comme simplifier se conjugue souvent avec déréguler, le texte rend la vie bien plus facile aux projets de data centers, désormais consacrés au rang de projets d'intérêt national majeur.
– L'amour à la française - Pour les unions dont l'une des deux personnes vient de l'extérieur de l'Europe, dur de vivre son idylle au pays du romantisme. Rencontre à Marseille avec l'un de ces couples.
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Côté chroniques
– Lu dans... | D'anciens détenus de l'ICE trouvent réconfort au sein d'un groupe d'entraide - Face aux traumatismes laissés par la détention au sein des centres de la police de l'immigration, plusieurs anciens captifs new-yorkais s'entraident grâce à l'aide de l'Envision Freedom Fund. Le média indépendant Documented raconte leurs parcours. Extraits.
– Sur la Sellette : Douze mois de prison et un conseil - En comparution immédiate, on traite à la chaîne la petite délinquance urbaine, on entend souvent les mots « vol » et « stupéfiants », on ne parle pas toujours français et on finit la plupart du temps en prison. Une justice expéditive dont cette chronique livre un instantané.
– Échec scolaire : Les petits mouchards - Loïc est prof d'histoire et de français, contractuel, dans un lycée pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses tribulations au sein d'une institution toute pétée. Entre sa classe et la salle des profs, face à sa hiérarchie ou devant ses élèves, il se demande : où est-ce qu'on s'est planté ?
– Peine perdue : Friture avec les huiles - Luno intervient bénévolement en prison. Il livre ici un regard oblique sur la taule et ses rouages par quelqu'un qui y passe mais n'y dort pas. Ce mois-ci : enfumage en règle.
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Côté culture
– Demain c'est pas si loin... - Les Soulèvements de Mars, déclinaison locale des Soulèvements de la Terre, publient un nouvel ouvrage collectif qui analyse les mécanismes moroses de la forêt de ciment dans laquelle on vit : Bave, crache, chie du béton.
– Rendre à la poussière des années d'existence - À Toulouse comme ailleurs, des quartiers populaires sont détruits, remodelés, aseptisés, et leurs résident·es poussé·es dehors. Dans « Personne ne se souviendra de nous », documentaire sonore réalisé par Ludo Mepa et Américo Mariani, trois habitantes racontent la violence de leurs expériences et l'évolution de leur rapport au monde.
– Jusqu'au boss final - Dans son livre Tout reste à jouer, Marijam Did participe à enfoncer cette porte immense qui s'entrouvre depuis quelques années : celle qui consiste à démontrer la puissance politique des jeux vidéo.
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Et aussi...
- L'édito – Yadan l'air comme un relent de racisme
– Ça brûle ! – Recherches dans l'au-delà
– L'animal du mois – Le phoque épicurien
– Abonnement - (par ici)
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Yadan l’air comme un relent de racisme
2 mai, par L'équipe de CQFD — ÉditoYoupi ! Deuxième taquet printanier pour Lecornu. Après avoir été contraint d'ajourner la proposition de loi de son propre groupe (Ensemble pour la République) qui visait à faire bosser les salarié·es de certains commerces le 1er mai, le voilà obligé de retirer l'abjecte loi Yadan. « Obstruction parlementaire » de la France insoumise, dispersion des soutiens de la macronie… Et rapport de force politique imposé par en bas, dont une pétition avec pas moins de 700 000 signatures.
La proposition de loi Yadan « [vise] à lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme ». Mais quelles sont-elles ? La minute de silence au Parlement pour Quentin Deranque, un antisémite notoire ? Le groupe Whatsapp de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS 4) servant de « déversoir à la haine raciste et antisémite » des policier·es et de leur commandant1 ? Le rachat du réseau social X par le néonazi Elon Musk et le risque de mise en avant accrue de contenus racistes via la refonte de son algorithme ? Pensez-vous ! Pour Caroline Yadan, ses soutiens macronistes, mais aussi socialistes (François Hollande et Jérôme Guedj), le « nouvel antisémitisme », c'est : critiquer l'État d'Israël. Et hop ! En un tournemain, les soutiens de la Palestine ne seraient plus antisionistes, mais antisémites ! Vous aussi vous avez mal au cerveau ?
La théorie du « nouvel antisémitisme » nous vient des années 1970. Des officiels israéliens l'avaient opposée à la résolution 3379 de l'ONU qui affirmait que « le sionisme est une forme de racisme ». Une instrumentalisation de l'antisémitisme qui permet de légitimer le soutien de la France à la politique coloniale d'Israël. Mais aussi d'y associer tous les Juif·ves. Beaucoup pourtant, dont les collectifs Tsedek ! et l'Union juive française pour la paix, la dénoncent. Ils rappellent que l'antisémitisme ne peut pas être conçu « hors-sol » : il est d'abord inscrit historiquement dans des politiques étatiques structurellement racistes. Hier l'antisémitisme, aujourd'hui l'islamophobie, la négrophobie... À essentialiser les Juif·ves, l'État poursuit sa logique de racialisation des communautés religieuses, pour mieux hiérarchiser ses populations, et les faire jouer les unes contre les autres.
Si le nouveau joujou répressif de Yadan est pour l'heure mis au placard, Lecornu promet de le ressortir dans un projet de loi en juin prochain, alors qu'auront lieu, dans le même temps, les procès de Anasse Kazib et de Rima Hassan pour apologie du terrorisme. À gauche, il est temps de se secouer les puces et de ne plus considérer l'antisémitisme comme une lutte séparée de celle des autres formes de racisme et du continuum colonial. Restons soudé·es et rappelons que notre ennemi commun reste la bourgeoisie qui, elle, s'est salement radicalisée.
1 Le Canard enchaîné (25/06/2024).
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Miam, le droit du travail
1er mai
Un dessin de Nicolas Caldier
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Le renard explorateur
1er mai
On a tous connu ça. L'appel du large, du frisson de l'aventure, de l'espoir d'une autre vie, appelez ça comme vous voulez. Avec en tête les glorieux maîtres et maîtresses du genre, Jack London, Alexandra David-Néel, Nicolas Bouvier… Et pourtant, on passe rarement à l'action. Voilà pourquoi il faut s'incliner devant le périple extraordinaire d'un renard ayant embarqué sur un paquebot, que nous racontent ces tristes pisse-copies de 20 Minutes. Pour point de départ : Southampton, UK. Pour port d'arrivée : New York, USA. Douze jours de traversée pour ce goupil de deux ans, passager clandestin comptant les heures dans les soutes, arrimé à son rêve ricain. Ô, comme il a dû scintiller de fierté, cet intrépide lupus lupus, à la vue de ce miroir aux alouettes qu'est la Statue de la Liberté. Dépourvu d'ailes, il a su égaler l'exploit de ces oiseaux migrateurs défiant tous les pronostics pour atterrir quelque part dans l'immensité africaine, entre Ouagadougou et Zanzibar. Un pirate quadrupède qui nous enseigne que l'aventure reste possible pour peu qu'on largue les amarres. Dit autrement : maître renard, par l'odeur de l'aventure alléchée, nous tint à peu près ce langage, « secouez-vous les puces bande de corbeaux sédentaires ». Et si jamais, ô tristesse, Monsieur Goupil s'avérait porteur de la rage, alors la cible de sa mâchoire vengeresse serait toute trouvée, reconnaissable entre mille à sa moumoute couleur d'urine. Fox News, mon cul, ici on dit Fox Rage.
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La bataille du rock et du castor
1er mai, par L'équipe de CQFD — Ça brûle !« Z'êtes qu'une bande de mous du genou ! » d'un côté. « Pauvres irresponsables ! Vous n'avez donc aucun sens de l'histoire ! » de l'autre. Les noms d'oiseaux fusaient rue Consolat : « Ordures socialistes ! » « Privilégiées ! » « Vendus ! » « Inconscientes ! » L'objet de la discorde ? Le second tour des municipales à Marseille et le fameux dilemme : barrage ou pas barrage. Alors que d'épaisses queues de castors traînaient sur le sol poussiéreux de la rédac à l'approche du 22 mars, Sonia, tout juste débarquée en stage au journal, défonce la porte du local d'un grand coup de godasse : « Sérieusement ? C'est ça CQFD ? Un ramassis de pitres qui se la joue rebelles et qui s'empressent de voter Payan dès que ça chauffe un peu ? Je me casse, je retourne chez Radio Galère ». Gaëlle, secrétaire de rédaction désabusée par les « tambouilles politicardes » comme elle le dit, saisit la balle au rebond : « Vous vous croyez rock ? Pourtant Gina, clairement la plus rock d'entre nous, dit elle-même qu'elle ne cédera pas au chantage ! Puisque c'est comme ça, je rentre à Rennes. » C'est là que démarra la bataille rangée entre les adeptes du « tout sauf l'extrême droite » et les défenseurs du « c'est pas ça qui les empêchera d'arriver au pouvoir ». Claviers, écrans, souris d'ordinateur et stylos volent dans tous les sens pendant qu'à côté, le maire se fait réélire. Prenant acte de la volonté souveraine et démocratique du peuple marseillais, Gaëlle et Sonia décident finalement de rester. Gaëlle à cause que y'a pas le soleil en Bretagne et que de toute façon ça fait depuis 1977 que sa capitale est aux mains du PS ; Sonia à cause qu'elle a bien envie d'apprendre le journalisme. Pas sûr que CQFD soit le meilleur endroit pour comprendre les ficelles du métier et espérer détrôner un jour la famille Duhamel mais bon, sait-on jamais. Alors, en attendant, bienvenue, Sonia !


