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Roissy : STIC, BADGES et licenciements

mercredi 7 décembre 2005, par souriez


SCANDALE DU STIC ET RETRAITS DE BADGES : LA CGT AUX CÔTES DES SALARIES POUR DEFENDRE LEUR EMPLOI

Tout débute avec la liberticide loi Sarkozy dite de « sécurité intérieure », version gauloise du « patriot act » de dobeliou, censée lutter contre les réseaux terroristes et votée en 2003. D’après cette loi, tout salarié travaillant en zones de sûreté (aéroports, ports, centrales nucléaires etc...) doit désormais solliciter auprès des autorités préfectorales une autorisation « de titre d’accès en zones réservées » pour pouvoir exercer son travail.

Parallèlement est légalisé et étendu le méga fichier policier (le STIC ou le Système de Traitement Informatique Centralisé, mis en place en toute illégalité par M PASQUA en 1995 malgré les oppositions de la CNIL et du Conseil d’Etat à l’époque) listant à vie tout individu ayant fait l’objet d’un « signalement » auprès des forces de l’ordre (police, gendarmerie, douanes, RG etc...), que ce soit en qualité de témoin, victime, suspect ou condamné, et ce pour des faits pouvant remonter jusqu’à 40 ans en arrière ! Le syndicat de la Magistrature, opposé à ce régime de filature électronique, estime à 8 millions le nombre de personnes inscrites au STIC, ajoutant que la barre des 15 millions sera rapidement dépassée.

Chaque préfecture se voit ainsi confier le pouvoir « discrétionnaire », particulièrement redoutable, d’autoriser ou non la délivrance de l’habilitation, à partir des données figurant au STIC. Or, en cas de retrait de l’habilitation par l’autorité préfectorale, la sanction, terrible, est toujours la même : le salarié se retrouve illico licencié par son entreprise « pour fait du prince » (on ne saurait mieux dire !).

Or nous constatons, depuis l’arrivée au ministère de l’intérieur du très autoritaire Sarkozy en 2002, que le nombre de salariés concernés par ces mesures d’exception a explosé, à tel point que nous nous interrogeons si ce dernier n’a pas voulu faire de cette loi un instrument de répression au service des patrons.

Pour la seule année 2003, et pour ne rester que sur le périmètre de Roissy, ce sont plus de 1 500 badges qui ont été retirés, avec à la clé des licenciements par centaines !

Des salariés travaillant depuis plusieurs années sur la plateforme continuent de se voir retirer leur badge du jour au lendemain et licencier sur le champ pour quelques erreurs de jeunesse.

Le fait que la grande majorité des salariés victimes de ce régime d’inquisition soient des jeunes issus des quartiers pauvres de la périphérie parisienne n’est-il pas à mettre en relation avec l’explosion de désespoir qui a récemment ébranlé nos banlieues ?

Que penser de la responsabilité d’une entreprise comme Air France, qui, pour la vitrine, promeut l’insertion des jeunes en difficulté (cf. association JEREMY comme JEunes en Recherches d’Emplois sur roissY) et touche pour cela des aides de l’état, et, en coulisse, s’empresse de licencier sur le champ tout salarié privé de badge ? Comme s’il n’existait pas en interne, dans une entreprise de 70 000 salariés, des solutions de reclassement vers des postes ne nécessitant aucun agrément des autorités !

Des militants CGT d’Air France et des Unions Locales CGT se sont organisés afin d’assister et de défendre les salariés victimes des retraits de badges et menacés de licenciement. Ce sont ainsi plusieurs centaines de salariés qui ont pu récupérer leur badge et garder leur emploi. A une ou deux exceptions près, tous les dossiers que nous avons défendus à Air France ont abouti.

Alors si vous rencontrez ce problème, n’hésitez pas à contacter vos délégués CGT afin que nous constituions un dossier.

CES VICTOIRES DEMONTRENT, UNE FOIS DE PLUS, QUE FACE A L’ARBITRAIRE LA SEULE RIPOSTE EFFICACE RESIDE DANS L’ORGANISATION ET LA MOBILISATION COLLECTIVES.

CGT Air France


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